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MONILOPHYTES ou POLYPODIOPHYTES

Diversité actuelle et classification des Monilophytes

Phylogénie des Monilophytes - crédits : Encyclopædia Universalis France

Phylogénie des Monilophytes

Dans la classification phylogénétique proposée par le Pteridophyte Phylogeny Group (PPG), les Monilophytes représentent la classe des Polypodiopsida et comprennent quatre sous-classes : les Equisetidae, les Ophioglossidae, les Marattiidae et les Polypodiidae. Dans la littérature, on peut trouver pour ces groupes les termes respectifs de Sphénophytes ou Équisétophytes ou encore prêles, Ophioglossophytes, Marattiales et fougères lesptosporangiées.

La position phylogénétique des Equisetidae a longtemps été débattue. Les spécialistes les placent désormais en groupe frère de l’ensemble des autres Monilophytes actuelles (c’est-à-dire qu’il y a une séparation dans la classification entre les Equisetidae d’une part, et toutes les autres lignées de Monilophytes actuelles d’autre part, ces dernières formant ensemble un clade). Les Psilotales, qui ont été auparavant considérées comme un embranchement à part (celui des Psilophytes), sont désormais incluses dans la sous-classe des Ophioglossidae. Enfin, dans la classification traditionnelle, les Marattiidae et les Ophioglossidae constituaient le groupe des fougères eusporangiées. Les études phylogénétiques ont invalidé la monophylie de ce groupe qui était fondé sur l’eusporange, caractère ancestral retrouvé également chez d’autres groupes de plantes vasculaires (ce caractère n’étant donc plus spécifique des fougères eusporangiées).

Les Equisetidae

Morphologie d’une prêle - crédits : Encyclopædia Universalis France

Morphologie d’une prêle

Les Equisetidae (ou prêles) comprennent de nos jours quinze espèces appartenant toutes au genre Equisetum. La morphologie de ces plantes herbacées (c’est-à-dire non ligneuses) est très particulière. La tige (ou rhizome) est rampante, souterraine, à ramifications dichotomes (se divisant en deux) et articulée. Au niveau des nœuds, elle porte des couronnes (ou verticille) de racines et/ou produit des axes aériens creux qui montrent eux aussi une structure articulée. À chaque nœud d’un axe aérien, on trouve une couronne d’écailles (feuilles atrophiées) et, en plus, chez certaines espèces, une couronne de rameaux. Ces axes aériens peuvent disparaître pendant la saison défavorable, mais le rhizome est vivace.

À l’apex de certains axes se forment des épis, appelés strobiles, qui portent les sporanges.Ces derniers sont disposés en verticille sur des feuilles (sporophylles) transformées en forme de clou ou d’écusson. Chez certaines espèces, les axes fertiles – quasiment dépourvus de chlorophylle – et les axes végétatifs – encore appelés axes stériles – diffèrent morphologiquement. Les axes fertiles apparaissent souvent plus tôt, au début du printemps. Chez d’autres espèces, tous les axes sont semblables (à part la présence du strobile à l’extrémité des axes fertiles).

Spore de prêle - crédits : Encyclopædia Universalis France

Spore de prêle

Dans les sporanges, les spores produites sont pourvues de quatre élatères, qui sont des expansions de la paroi, favorisant leur dispersion. Même si le terme d’élatère est aussi utilisé chez le groupe des Hépatiques (plantes proches des mousses), il s’agit là d’une structure différente et dérivée qui n’existe que chez les Equisetidae (on parle de synapomorphie).

En germant, les spores donnent un gamétophyte qui est potentiellement bisexué, mais généralement un seul sexe s’exprime selon les conditions environnementales. On a donc bien isosporie (un seul type de spores) et isoprothallie(un seul type de gamétophytes). Toutefois, comme les prothalles n’expriment qu’un sexe, on parle parfois d’hétéroprothallie mais elle n’est pas homologue de celle des Polypodiidae hétérosporées (ordre des Salviniales, cf. Variations autour du cycle de vie des Monilophytes).

Les Ophioglossidae

Cette sous-classe comporte deux ordres – les Ophioglossales et les Psilotales – correspondant à deux familles : les Ophioglossacées et les Psilotacées.

Les Ophioglossales

Ophioglosse vulgaire et botryche lunaire, deux espèces de fougères - crédits : Smithsonian Libraries/ courtesy of Biodiversity Heritage Library

Ophioglosse vulgaire et botryche lunaire, deux espèces de fougères

L’ordre des Ophioglossales[...]

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Écrit par

Classification

Pour citer cet article

Jean-Yves DUBUISSON et Sabine HENNEQUIN. MONILOPHYTES ou POLYPODIOPHYTES [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Fougère - crédits : Paul Staroste/ Calcul/ Getty Images

Fougère

Reconstitution d’un <em>Calamites</em> - crédits : Encyclopædia Universalis France

Reconstitution d’un Calamites

Morphologie d’une prêle - crédits : Encyclopædia Universalis France

Morphologie d’une prêle

Autres références

  • BOTANIQUE

    • Écrit par Sophie NADOT, Hervé SAUQUET
    • 5 647 mots
    • 7 médias
    ...classification (APG III), proposée en 2009, est utilisée par la grande majorité des botanistes (fig. 1). Il existe également depuis 2006 un équivalent pour les monilophytes (groupe de plantes vasculaires formé principalement par les fougères et les prêles). Ce n'est pas encore le cas pour le reste des plantes...
  • EMBRYOPHYTES ou CORMOPHYTES ou ARCHÉGONIATES

    • Écrit par Jean-Yves DUBUISSON, Sabine HENNEQUIN
    • 3 252 mots
    • 7 médias
    ...est aujourd’hui restreint aux mousses vraies. Les Trachéophytes actuelles regroupent les Lycophytes, groupe frère d’un clade (Euphyllophytes) associant Monilophytes et Spermatophytes. Les Lycophytes se diversifient dès le Silurien supérieur (– 425 Ma) tandis que les Monilophytes et les Spermatophytes se...

Voir aussi