MEYRINK GUSTAV MEYER dit GUSTAV (1868-1932)

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Romancier et ésotériste allemand, Gustav Meyrink était le fils naturel d'un ministre d'État du Wurtemberg et de Maria Wilhelmine Meyer, l'une des tragédiennes favorites de Louis II de Bavière. Son père ne le reconnaît pas, mais finance ses études ; sa mère se désintéresse rapidement de lui et il éprouvera toujours de la haine à son égard (bien qu'il emprunte son nom d'écrivain à l'un de ses ancêtres maternels).

Après des études à Munich, Hambourg, puis Prague, il devient banquier dans cette ville en 1882. En 1891, sa vie de dandy et de don Juan aboutit à une tentative de suicide : dès lors, son intérêt pour la littérature va se confondre avec ses recherches ésotériques. De 1893 à 1897, il s'affilie à divers ordres maçonniques, mais son antimilitarisme lui attire de sérieux ennuis avec le corps des officiers de Prague. En 1901, alors que, atteint par la tuberculose, il séjourne dans un sanatorium de Dresde, il publie sa première nouvelle dans la célèbre revue Simplicissimus. En 1902, ses démêlés avec la haute société pragoise causent sa ruine ; il se consacre alors entièrement à son œuvre. En 1907 paraît Le Cabinet des figures de cire et Meyrink commence la rédaction du Golem ; mais il ne peut survivre que grâce à son activité de traducteur. En 1913, il rassemble plusieurs nouvelles dans Le Cor enchanté du petit bourgeois allemand, qui lui vaudra de nombreuses inimitiés et sera interdit en Autriche. En 1915 paraît Le Golem, roman fantastique et symbolique dont la ville de Prague est à la fois le cadre et le principal héros ; le livre connaît rapidement un grand succès. En 1916 paraissent Le Visage vert et La Chauve-Souris.

En 1917, sa rencontre avec Bô Yin Râ (pseudonyme d'un théosophe autrichien) a sur lui une importance capitale ; la même année, il publie La Nuit de Walpurgis. L'étude du taoïsme l'amène à publier en 1921 Le Dominicain blanc ; il dirige alors une collection d'ésotérisme. De 1923 à 1929 paraissent Au seuil de l'au-delà, les Histoires du faiseur d'or, L'Ange à la fenêtre d'Occident et, en 1932, des traductions en français du Golem et du Visage vert. Cette même année, après le suicide de son fils Haro, Gustav Meyrink, gravement malade, s'abandonne à la mort.

Son œuvre peut être interprétée selon différentes références — réalisme, merveilleux, fantastique, ésotérisme, magie — qui s'y enchevêtrent de façon inextricable. Meyrink étudia pêle-mêle le spiritisme, le yoga, l'alchimie ; il entra dans la maçonnerie, mais aussi dans diverses sociétés paramaçonniques secrètes et maintint de nombreux contacts avec le courant théosophique. Aussi peut-on voir en lui soit un initié transmettant les principes et symboles directeurs de son itinéraire spirituel par le moyen de son œuvre littéraire, soit un grand romancier décrivant dans le registre fantastique les tares de la société. Entre ces analyses extrêmes, l'œuvre de Gustav Meyrink demeure un monument littéraire extraordinaire et particulièrement envoûtant.

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  • Écrit par 
  • Olivier JUILLIARD
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Être, le plus souvent de forme humaine, le golem est créé par un acte de magie grâce à la connaissance des dénominations sacrées. Dans le judaïsme, l'apparition du terme golem remonte au Livre des Psaumes et à l'interprétation qu'en donne le Talmud ; il s'agit, dans ce contexte, tantôt d'un être inachevé ou dépourvu de forme définie, tantôt de l'état de la matière brute. Ainsi le Talmud appelle-t […] Lire la suite

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Olivier JUILLIARD, « MEYRINK GUSTAV MEYER dit GUSTAV - (1868-1932) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/meyrink-gustav-meyer-dit-gustav/