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BROOKS MEL (1926- )

Mauvais goût et drôlerie

C’est avec son troisième film, Le shérif est en prison (1974), que Mel Brooks assoit à Hollywood sa réputation de savoir mieux que quiconque allier mauvais goût et drôlerie. Pour écrire cette parodie de western désinhibée et burlesque, il collabore, entre autres, avec l’auteur et réalisateur Andrew Bergman et l’acteur et comique de stand-up Richard Pryor. Son casting comprend, outre Gene Wilder, Cleavon Little, Harvey Korman, Slim Pickens et Madeline Kahn, qui remporte l’oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour son imitation de Marlene Dietrich en chanteuse de saloon dans le classique du western Femme ou démon (1939). Le film est un succès et vaut au cinéaste sa deuxième nomination aux Academy Awards, cette fois pour la meilleure chanson originale (I’mTired).

Frankenstein Junior (1974), parodie des films d’horreur produits dans les années 1930 par les studios Universal, laisse deviner l’amour du réalisateur pour ces œuvres, et rencontre à nouveau les faveurs du public ; Brooks et Wilder, à la fois acteur principal et co-auteur du film, sont sélectionnés aux Academy Awards (meilleur scénario original).Frankenstein Junior est plus soigneusement construit que Le shérif est en prison, et son noir et blanc élégant reproduit celui de La Fiancée de Frankenstein (1935). Le cinéaste y réfrène ses instincts les plus anarchistes (bien que les blagues vulgaires qui sont sa marque de fabrique y abondent) et de nombreux critiques trouvent le résultat plus raffiné que Le shérif, réalisé moins d’un an plus tôt.

La Dernière Folie de Mel Brooks (1976) ne connaît pas le même succès. Brooks s’y met en scène lui-même dans le rôle d’un cinéaste au bout du rouleau qui persuade le patron d’un studio (interprété par Sid Caesar) de produire un film muet. LaDernière Folie, dépourvu de dialogue et bourré de gags visuels, est moins un pastiche qu’un hommage aux comédies réalisées par Mack Sennett à l’époque du muet. Le Grand Frisson (1977) prend plus spécifiquement pour cible les films d’Alfred Hitchcock. On y retrouve Brooks en acteur principal, cette fois sous les traits d’un éminent psychiatre dont la vie se trouve menacée quand il prend la direction d’un « Institut psychonévrotique pour les personnes très, très nerveuses », qui comprend dans son personnel un tandem sinistre interprété par Cloris Leachman et Harvey Korman).

En dépit de la présence de Korman, Leachman et d’autres bons acteurs familiers des films de Brooks (comme Kahn et Caesar), La Folle Histoire du monde (Part I, 1981) reçoit un accueil peu favorable de la part des critiques et du public. Tout aussi décevants se révéleront La Folle Histoire de l’espace (1987), qui parodie la série des Star Wars, et Chienne de vie (1991). Brook tourne ensuite Sacré Robin des Bois (1993), qui tourne en dérision Robin des bois, prince des voleurs (1991), dans lequel Kevin Costner tenait le rôle du légendaire hors-la-loi. Son dernier film, en tant que réalisateur, est Dracula, mort et heureux de l’être (1995).

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Pour citer cet article

Michael BARSON et Harold L. ERICKSON. BROOKS MEL (1926- ) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • COMÉDIE AMÉRICAINE, cinéma

    • Écrit par Joël MAGNY
    • 5 126 mots
    • 18 médias
    ...américaine moderne, faisant triompher un « humour juif » déjà illustré dans le domaine burlesque par les Marx Brothers au début du parlant, Jerry Lewis ou Mel Brooks (Les Producteurs, 1969 ; La Folle Histoire du monde, 1981). Woody Allen crée un personnage original à fort soubassement culturel dont il ne...

Voir aussi