MILNER MAX (1923-2008)

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Historien de la littérature français. Président de la Société des études romantiques et dix-neuviémistes, professeur émérite de littérature à l'université de Paris-III-Sorbonne, Max Milner fut, à l'image de Mario Praz ou de Jurgis Baltrušaitis, un de ces « grands transversaux » capable de mettre en évidence les survivances et les réveils qui habitent la vie des formes. Après Poésie et vie mystique chez saint Jean de la Croix (1951), il publie un essai qui fera date, Le Diable dans la littérature française de Cazotte à Baudelaire (1960). Par-delà un panorama du thème de Satan dans la littérature, et en recourant aussi bien à l'histoire ou à la philosophie qu'à la psychanalyse, Max Milner montre comment cette figure vient matérialiser une angoisse et un doute qui travaillent en profondeur un monde dont la stabilité n'est qu'apparence. Le satanisme se fait protestation contre un ordre social inique et une esthétique sclérosée, ce qui suppose qu'une autre forme d'art soit alors rendue possible. Ce débat avec le mal fournit la matière d'une enquête des plus détaillées qui, au fil des œuvres examinées, reconstitue l'univers tant culturel que spirituel qui va du préromantisme au goût de l'infini et à la passion du vertige célébrés par Baudelaire. Ce travail, avec les ramifications dans le genre fantastique qu'il suppose, va nourrir les travaux ultérieurs de Milner. Citons notamment La Fantasmagorie. Essai sur l'optique fantastique (1982) et L'Imaginaire des drogues, de Thomas de Quincey à Henri Michaux (2000). À chaque fois, c'est la question du visible qui est posée, et celle des présences susceptibles de l'habiter : fantasme, apparition ou hallucination. Cette logique de l'imaginaire allait conduire Max Milner à écrire deux essais remarquables sur la peinture : L'Envers du visible. Essai sur l'ombre (2005) et Rembrandt à Emmaüs (2006). Ses travaux se sont accompagnés par ailleurs de l'édition de quelques-uns de ses auteurs de prédilection : Nerval (Les Illuminés, 1976), Baudelaire (Les Fleurs du mal, 1978), Aloysius Bertrand (Gaspard de la nuit, 1980), Cazotte (Le Diable amoureux, 1980). Max Milner est également l'auteur de nombreux travaux sur Georges Bernanos.

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L'ENVERS DU VISIBLE. ESSAI SUR L'OMBRE (M. Milner)

  • Écrit par 
  • Jean Marie GOULEMOT
  •  • 989 mots

Apparemment, quoi de plus simple que de définir l'ombre ! Au gré d'un parcours quasi encyclopédique qui embrasse textes antiques, textes sacrés, théologie, mystique, philosophie, esthétique, littérature, pratiques et théories picturales, jeux optiques, Max Milner montre, avec L'Envers du visible (Seuil, Paris, 2005) qu'il ne […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-envers-du-visible-essai-sur-l-ombre/#i_51270

CRITIQUE LITTÉRAIRE

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Dans le chapitre « Imageries »  : […] Philippe Hamon incarne parfaitement ce moment de la critique où s'estompent les frontières. Il le fait d'autant mieux que son œuvre, consacrée aux liens entre le texte et l'image, se situe au mitan d'une réflexion entamée selon d'autres procédures par Max Milner, et poursuivie par des chercheurs plus jeunes comme Paolo Tortonese et Hélène Védrine […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/critique-litteraire/#i_51270

Pour citer l’article

« MILNER MAX - (1923-2008) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/max-milner/