MARINOT MAURICE (1882-1960)

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Peintre et maître verrier français. Marinot se destine d'abord à la peinture. En 1901, il se rend à Paris et entre à l'École nationale des beaux-arts, où il travaille dans l'atelier de Cormon de 1905 à 1912. Il fait alors partie du groupe des fauves et prend part à leurs expositions ; au Salon de 1912, il présente déjà quelques verres avec ses tableaux. Enthousiasmé par la visite de la verrerie de ses amis Viard à Bar-sur-Seine, il devient avec passion ouvrier verrier. Il acquiert une rapide maîtrise de ce métier et, sans renoncer tout à fait à la peinture, il se consacre à l'art du verre jusqu'à la fermeture de l'usine Viard en 1937.

Ses premières œuvres de verrier se ressentent de son tempérament et de son éducation de peintre par leur décor figuratif d'émaux aux couleurs vives. C'est surtout, lorsque vers 1920, il souffle lui-même la paraison, que se révèle sa forte personnalité. Technicien plus que décorateur, il expérimente et maîtrise tous les procédés, en invente de nouveaux et exploite toutes les possibilités de la matière. Le verre cesse alors d'être un support pour être orné dans sa masse même : poudres métalliques colorées, émaux opaques ou translucides, bulles d'air, craquelures jouent dans sa transparence ; des nuances subtiles sont enrobées entre deux chapes de verre superposées (verres « sandwiches »). Marinot pratique aussi une gravure profonde à l'acide ou précise à la roue comme les lapidaires. Ses œuvres se dépouillent toujours davantage, prennent un caractère de plus en plus abstrait : les vases aux formes épurées, taillés, sculptés en épaisseur ont l'aspect massif des roches naturelles, pièces uniques sans but utilitaire, véritables objets d'art. L'Exposition des arts décoratifs de 1925 a consacré le triomphe de Marinot et son succès auprès des amateurs européens ou américains. Une exposition rétrospective a eu lieu à Lyon en 1965 et de généreuses donations ont été faites par la fille de l'artiste, Florence Marinot, au musée de Philadelphie, à plusieurs musées français, notamment en 1971 aux musées de Céramique de Sèvres et de Limoges.

—  Jeanne GIACOMOTTI

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Jeanne GIACOMOTTI, « MARINOT MAURICE - (1882-1960) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/maurice-marinot/