MAUPERTUIS PIERRE LOUIS MOREAU DE (1698-1759)

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Mathématicien français. Né à Saint-Malo, d'origine bourgeoise, Maupertuis suit à Paris les cours de mathématiques de Le Blond et de Guisnée ; très vite, il fait partie du cercle de La Motte-Houdard, ce qui lui permet d'être reçu, à vingt-cinq ans, adjoint géomètre à l'Académie des sciences. Ses voyages en Angleterre et à Bâle lui font connaître les grands mathématiciens du temps (les Bernoulli, à Bâle) et l'amènent à adopter les théories de Newton. Il publie plusieurs communications académiques sur le problème des courbes algébriques rectifiables sur la surface d'une sphère et surtout, en 1732, son mémoire sur les lois de l'attraction.

Responsable de l'expédition envoyée en Laponie pour la mesure d'un arc de méridien près du cercle polaire, il soutient un long débat contre les Cassini sur l'aplatissement de la Terre aux pôles, conséquence logique des principes newtoniens (1730-1737). Élu à l'Académie de Berlin (1740) et à l'Académie française (1743), il présente en 1744 un important mémoire sur le principe de moindre action (définie comme le produit de la masse par l'espace parcouru et la vitesse), soulevant contre lui les partisans de la dynamique de Leibniz.

De retour à Berlin en 1745, il se voit confier la présidence de l'Académie des sciences ; il s'installe en Prusse et épouse Eleonor de Borck, protégée de la reine (1745). Après avoir, dans sa Vénus physique, tenté d'expliquer la génétique par l'attraction physico-chimique, il revient à ses soucis de mécanique en publiant (1746) un mémoire sur les lois du mouvement : « Dans tout changement qui arrive, la quantité d'action nécessaire pour ce changement est la plus petite qu'il soit possible. » Il s'engage avec Koenig, disciple de Leibniz, dans une pénible controverse (1750-1751) sur le principe de la « minimité » de l'action ; il se brouille alors avec Voltaire, qui attaque sans ménagements le « docteur Akakia ». La guerre de Sept Ans le surprend lors d'un voyage en France ; il ne pourra pas rentrer en Prusse ; il tombe malade chez Jean Bernoulli et meurt à Bâle.

L'essentiel de son œuvre est son étude des courbes sur différents espaces, et en particulier l'application à l'astronomie nautique de ses recherches sur les courbes loxodromiques (spirale sur une surface sphérique qui coupe sous le même angle tous les méridiens).

—  Jean-Robert ARMOGATHE

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Pour citer l’article

Jean-Robert ARMOGATHE, « MAUPERTUIS PIERRE LOUIS MOREAU DE - (1698-1759) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/maupertuis-pierre-louis-moreau-de/