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LAURENCIN MARIE (1883-1956)

Marie Laurencin

Marie Laurencin

Artiste peintre, Marie Laurencin s'imposa dès 1907, au Salon des indépendants où elle expose pour la première fois, auprès de son amant Guillaume Apollinaire et au sein de la « bande à Picasso ». Elle fut chère dès ses débuts à Georges Braque, son condisciple à l'académie Humbert en 1904, comme elle le sera à Jean Cocteau, futur librettiste du ballet Les Biches en 1924. Parmi les représentants de l'École de Paris, elle réalise une œuvre considérable (près de deux mille peintures à l'huile, de nombreux dessins et aquarelles, quelque trois cents gravures, ainsi que plusieurs décors de théâtre), prouvant son attachement à marquer d'un sceau délicat, mais visible, la grande aventure des modernes.

Au temps du Bateau-Lavoir

Marie Laurencin, femme-peintre qui se revendiquait telle, a sans conteste appartenu à une communauté artistique féminine où elle prend la suite de George Sand et Berthe Morisot, et se montre l'égale de ses contemporaines Colette, Suzanne Valadon ou Sonia Delaunay. En ce début de xxe siècle, l'art était à l'évidence une affaire d'hommes : Marie Laurencin sera la première femme-peintre de son époque à connaître le succès avant 1914.

La remise en lumière de son talent, autour des années 1990, doit beaucoup à l'engouement du public japonais, qui lui a consacré un musée, près de Tōkyō, ouvert en 1983. Dans ses effigies pastel de jeunes filles ou jeunes femmes, mi-anges, mi-coquettes, belles accompagnées de bêtes, parées de fleurs ou de rubans, danseuses ou musiciennes, reconnaissables entre toutes, il reconnut la marque d'une figure de la tradition classique française.

Portrait d'Apollinaire et de Marie Laurencin, H. Rousseau

Portrait d'Apollinaire et de Marie Laurencin, H. Rousseau

De ses origines communes avec Apollinaire – tous deux étaient des enfants naturels –, naquit la complicité sur laquelle reposa la fameuse déclaration du poète et critique, en 1912 : « Comme artiste, on peut placer Mlle Laurencin entre Picasso et le Douanier Rousseau. » Nul doute que le charme très particulier de cette jeune femme, née à Paris le 31 octobre 1883, et ayant reçu de sa mère une éducation petite-bourgeoise, dans le goût de la solitude et de la lecture, puis appris la peinture sur porcelaine à Sèvres, et le dessin à l'école de la Ville de Paris, séduisit les artistes rassemblés autour du Bateau-Lavoir, qu'elle fréquente dès 1905 – les peintres Robert Delaunay et André Derain, les poètes Max Jacob et André Salmon –, avant les marchands Wilhelm Uhde, Alfred Flechtheim, Daniel-Henry Kahnweiler, Paul Guillaume et Paul Rosenberg... mais aussi des collectionneurs, comme Henri-Pierre Roché, Jacques Doucet ou Gertrude Stein. Dans le cénacle apollinarien, Marie Laurencin, d'abord influencée par la palette de Gauguin et l'ellipse de Matisse, adopte la franchise du Douanier Rousseau, et décline à sa façon le dogme cubiste. Elle réduit les formes à l'essentiel, sans guère de modelé, choisissant un chromatisme contrasté, charpenté de noir pour le trait de contour (Apollinaire et ses amis, 1909, Musée national d'art moderne-Centre Georges-Pompidou, Paris).

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Écrit par

  • : conservateur général du Patrimoine, directeur du musée de la Vie romantique, Paris

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Marie Laurencin

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Portrait d'Apollinaire et de Marie Laurencin, H. Rousseau

Portrait d'Apollinaire et de Marie Laurencin, H. Rousseau

Autres références

  • APOLLINAIRE GUILLAUME (1880-1918)

    • Écrit par Michel DECAUDIN
    • 4 277 mots
    • 2 médias
    L'atonie sentimentale dans laquelle l'a laissé cet échec ne sera rompue que par sa rencontre avec Marie Laurencin en 1907. Cette renaissance à l'amour est liée à un renouveau poétique que jalonnent des pièces comme « Onirocritique », « Le Brasier » ou « Les Fiançailles ». S'il continue à fréquenter...

Voir aussi