GODOY MANUEL (1767-1851)

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Né à Badajoz en Estrémadure, Manuel Godoy appartient à une famille de petite noblesse peu fortunée. Il quitte sa ville natale pour Madrid en 1781 et entre dans la Compagnie royale des gardes du corps. C'est alors que la future reine Marie-Louise conçoit une violente passion pour ce jeune homme de belle allure, dont l'ascension commence aussitôt que Charles IV succède à Charles III sur le trône d'Espagne.

Le nouveau souverain se signalant par sa faiblesse de caractère, c'est son épouse Marie-Louise qui fait distribuer les promotions à Manuel Godoy, successivement major des gardes, lieutenant général et secrétaire d'État principal. En novembre 1792, l'Espagne, fidèle au pacte de famille, est prête à entrer en guerre contre la Convention pour sauver Louis XVI. Mais le Premier ministre, le comte d'Aranda, se montre hostile à une lutte contre la France républicaine. Il est renvoyé et remplacé par le favori de la reine. Survient l'exécution du roi de France ; pour complaire à sa souveraine, Godoy déclare la guerre à la France. L'Espagne et ses alliés essuient une série de revers : Godoy entame les négociations secrètes avec la Convention thermidorienne par l'intermédiaire de Mme Tallien, fille du financier Cabarrus, bienfaiteur de l'Espagne. Le ministre conduit la diplomatie de son pays au traité de Bâle (1795), peu glorieux pour l'Espagne, qui cède la dernière partie de Saint-Domingue. Godoy n'y gagne pas moins son titre de Prince de la paix et arbore bientôt la Toison d'or et la grand-croix de Saint-Jean de Jérusalem. En 1796, il conclut avec le Directoire un traité d'alliance offensive et défensive, et l'Espagne se trouve, de ce fait, entraînée dans une lutte contre l'Angleterre. À la suite du désastre d'Aboukir, subi par le Premier consul, Godoy offre des bateaux à son allié. Mais il est renversé, en 1798, par les partisans d'Aranda, et la reine Marie-Louise, qu'il délaisse un temps pour des amours plus ordinaires, ne fait rien pour lui.

Rappelé en 1800, Godoy épouse, la même année, une [...]


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Pour citer l’article

Marie-France SCHMIDT, « GODOY MANUEL - (1767-1851) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/manuel-godoy/