MANFRED (1231-1266) roi de Sicile (1258-1266)

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Fils de Frédéric II de Hohenstaufen et de Bianca Lancia, Manfred devient à la mort de son père (1250) régent du royaume de Sicile pour son demi-frère Conrad IV. Cultivé, chevaleresque, il bénéficie du soutien de l'aristocratie du royaume et des conseils de son oncle Galvano Lancia, mais doit combattre les prétentions du maréchal Pietro Ruffo, les Allemands de Berthold de Hohenburg et l'hostilité d'Innocent IV à l'égard des Hohenstaufen. De décembre 1251 à mai 1254, Conrad IV, venu dans le royaume, le tient à l'écart. À sa mort, Manfred s'entend avec Berthold de Hohenburg, qui tient le royaume pour le jeune Conrad V (Conradin), et avec Innocent IV, qui le nomme vicaire de l'Église romaine en Pouille et en Basilicate. Mais, avec l'appui des Sarrasins de Lucera, il se révolte contre le pape et vainc l'armée pontificale : en 1257, il est maître de presque tout le royaume. Faisant croire à la mort de son neveu, il est élu et couronné roi à Palerme, le 11 août 1258. Il reprend la grande politique italienne et méditerranéenne de ses prédécesseurs : chef des gibelins, il s'entend avec Gênes et Venise ; la victoire des gibelins toscans à Montaperti, le 4 septembre 1260, marque l'apogée de sa puissance. Dans les Balkans, il soutient le despote d'Épire, dont il épouse la fille, Hélène, et s'accorde avec l'archevêché indépendant de Split ; il fait construire en Pouille le nouveau port de Manfredonia. (Le mariage de sa fille Constance avec le fils du roi d'Aragon, le futur Pierre III, est à l'origine de la domination aragonaise en Sicile après les Vêpres siciliennes en 1282.) Mais, en 1262, le pape Urbain IV investit Charles d'Anjou du royaume de Sicile et fait financer son expédition par les banques toscanes. Charles, arrivé à Rome en 1265, bat Manfred Bénévent, le 26 février 1266 ; Manfred est tué dans la bataille et Charles s'empare du royaume, modifiant profondément l'organisation politique de l'Italie.

—  Jean-Marie MARTIN

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Dans le chapitre « Guelfes et gibelins »  : […] Ce long conflit a exacerbé les divisions des villes et facilité le déclin des institutions communales. Pour des questions de politique étrangère, mais aussi à la suite de rivalités de familles, deux factions s'opposent dans chaque cité : l'une, favorable à l'empereur, forme le parti gibelin ; l'autre, hostile à l'hégémonie impériale et docile aux impulsions pontificales, constitue le parti guelfe […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Jean-Marie MARTIN, « MANFRED (1231-1266) - roi de Sicile (1258-1266) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/manfred/