MACHINES À SOUS

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Les machines à rouleaux (jackpots)

Ces tracasseries n'empêchent pas Charles Fey de créer à San Francisco, probablement vers 1905, la première machine à trois rouleaux (avec symboles de cartes à jouer, fers à cheval, étoiles et cloches) et levier latéral baptisée Liberty Bell. Mais, après le tremblement de terre de 1906, la modestie de son entreprise le pousse à pactiser avec la puissante firme Mills Novelty pour lancer une fabrication en grande série. Le succès des bell machines, aussitôt copiées par l'ensemble de la profession, puis améliorées au cours des années suivantes, ne s'est pas démenti depuis.

Pourtant, les législateurs se montrent de plus en plus hostiles. En 1909, le conseil municipal de San Francisco décide d'interdire toutes les machines de jeu. L'année suivante, le Nevada prohibe les jeux de hasard. Et la Californie décide en 1911 d'interdire les machines à sous dans tout l'État. Les fabricants adaptent leurs machines pour distribuer des bonbons et des friandises – c'est alors, en 1910, que Mills introduit les symboles de fruits qui vont devenir célèbres : prunes, oranges, citrons, cerises en plus des cloches et des barres.

Le principal effet de la prohibition (1919-1933) fut d'entraîner la multiplication des buvettes illégales (speakeasys). Les machines de jeu, revenues à leur état premier, y trouvent une place « naturelle » : une aubaine pour les fabricants. En 1927, Rock-Ola introduit le « jackpot », réserve se déversant en cas de gros gain. Pour mieux se faire discrètes, les machines deviennent silencieuses, telles la Silent Bell, de Mills (1931). C'est la belle époque de la machine à sous, au somptueux design Art déco.

Déjà exportées vers l'Europe avant la Première Guerre mondiale, notamment par les plus gros fabricants (Mills, Watling, Caille, avec une filiale en France dès 1900), les machines de jeu américaines vont s'y déverser en masse après 1918, d'autant que les réglementations locales sont relativement hésitantes. Les machines à rouleaux ne gagneront l'Europe que vers 1930 ; elles y seront parfois copiées. Les constructeurs américains – Mills, Watling, qui produit le célèbre modèle Rol-A-Top, Jennings, Pace, Rock-Ola, presque tous à Chicago, sauf Caille à Detroit – laissent peu de place aux Européens, tels Bussoz, Nau, Bignell, J.A.F. (Jouets automates français), Spanagel, Bonzini-Sopransi, Louis Loubet en France, C.M. Schwarz / Tura Automatenfabrik, Jentzsch & Meerz et bien d'autres en Allemagne.

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  • : licencié ès lettres, ingénieur du Conservatoire national des arts et métiers, historien du jeu

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  • Écrit par 
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Pour citer l’article

Thierry DEPAULIS, « MACHINES À SOUS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/machines-a-sous/