MACHINES À SOUS

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Littéralement, une machine à sous, équivalent de l'anglais coin machine ou slot machine (« machine à fente »), est un appareil à monnayeur déclenchant un mécanisme après insertion d'une pièce de monnaie. Toutefois, l'usage réserve ce terme aux machines de divertissement, telles que les automates de jeu, les billards électriques (flippers) et autres jeux d'adresse (tirs, « grues », pêches, etc.), les simulateurs, les horoscopes, les juke-boxes et même les baby-foot. Mais, de toutes les machines à monnayeur, les plus répandues sont celles qui font appel au hasard et, par une réduction de sens que l'arrivée massive de ces appareils a entraînée, « machines à sous » en vient à désigner principalement les automates de jeu soumis à autorisation.

Il existe en effet, dans la grande famille des machines à sous, des appareils insensibles à l'adresse ou au calcul, dont le mécanisme est réglé – aujourd'hui programmé par voie informatique – pour donner un résultat aléatoire affiché sous forme de chiffres ou de symboles. Ces jeux laissant espérer un gain, en espèces ou en nature, sont considérés en France comme des loteries et tombent donc sous le coup de la loi de 1836 qui les interdit. Ce sont ces machines que l'on nomme parfois aussi « jackpots » ou « bandits manchots », termes imagés empruntés à l'anglais, qui désignent une catégorie particulière, sans doute la plus populaire. Il serait pourtant plus judicieux, à l'instar de l'allemand Spielautomat, de parler d'automate de jeu.

Premiers temps

Les automates de jeu sont nés dans les débits de boissons. Ils ont pour ancêtres, du moins en France, les petites roulettes de comptoir présentes dans les cafés français dans la seconde moitié du xixe siècle. Ces appareils étaient faits d'une roue en laiton avec décor central peint et vitre protectrice dans laquelle une bille circulait sous l'action du joueur ; le socle, en fonte moulée, comprenait le plus souvent un pyrogène ; des manilles, disposées tout autour de la roue, donnaient à l'appareil la forme d'une barre de navire. Des chiffres, généralement de 10 à 25 000, étaient gravés sur le pourtour de la roue.

L'invention du monnayeur paraît remonter au xviiie siècle, mais c'est dans la seconde moitié du xixe qu'il a commencé à se répandre avec les premiers distributeurs automatiques. Son adaptation à des jeux individuels, de hasard ou d'adresse, ne s'est pas fait attendre. À partir de 1880, les inventions se multiplient, en Europe et en Amérique du Nord.

Les premiers automates de jeu sont apparus aux États-Unis en 1891 et sont dus à deux firmes de la côte est. Le marché visé était San Francisco, dernière grande capitale de la ruée vers l'or, à la législation encore incertaine. Ces machines ne rendent pas encore d'argent : c'est le tenancier qui paie, en cigares le plus souvent. Parmi elles, déjà, un poker automatique. Très vite les inventions se succèdent, à San Francisco, avec Gustav Schultze (1892) et August « Charles » Fey (1894), tous deux d'origine allemande. Cascades, roulettes de comptoir à paiement direct et pokers automatiques rivalisent dans les saloons de la cité californienne.

La « cascade » – « tivoli » en Angleterre et en Allemagne – est une boîte verticale pourvue de picots et autres obstacles destinés à gêner la chute d'un objet, ici la pièce de monnaie ou le jeton inséré par le consommateur. Projetée vers le haut par un lanceur actionné par le client et retombant en passant à travers les obstacles, la pièce atterrit dans un compartiment « perdu », « rendu » ou « gagné ». Sans doute jugés trop simples, ces jeux n'ont pas eu grand succès en Amérique, alors que l'Europe les a accueillis aussitôt, provoquant l'éclosion de fabrications locales. En France, où ces jeux ont vite été imités, la firme Bussoz imagine en 1907 la « spirale à bille », qui s'imposera jusque dans les années 1950. Ici, l'insertion d'une pièce libère une bille.

Les roulettes sont des roues verticales aux faisceaux multicolores qui tournent sous l'action du mécanisme libéré par la pièce de monnaie. Selon le chiffre ou le symbole devant lequel la roue s'immobilise, le joueur a gagné ou perdu. Ces machines, rapidement améliorées, offrent ensuite un paiement automatique. Américains et Européens semblent les avoir également appréciées. Les pokers automatique [...]

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  • : licencié ès lettres, ingénieur du Conservatoire national des arts et métiers, historien du jeu

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Pour citer l’article

Thierry DEPAULIS, « MACHINES À SOUS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/machines-a-sous/