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HOLBERG LUDVIG (1684-1754)

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« Je reconnais que je dois tout à la littérature française » (Fateor me libris Gallicis omnia debere), écrivait, avec une aimable exagération, le Danois Ludvig Holberg. Il est certain pourtant que celui qui devait donner un caractère nouveau à la littérature du Danemark et de la Norvège rivalisa avec des modèles français, dans divers genres, et qu'il suivit avec intérêt et sens critique le développement de la philosophie et du théâtre en France.

Son registre créateur est d'ailleurs étendu. L'Introduction au droit naturel et au droit des gens témoigne d'une conception qui sert autant d'introduction aux idées du xviiie siècle dans le Nord qu'à sa propre pensée. Philosophe dans le sens plénier où l'entendait son époque, il jugeait celle-ci d'un œil critique et souhaitait améliorer l'état de la société par ses écrits et par ses actes. Ce qui ne l'empêchait pas, au théâtre, de donner dans le comique.

Professeur de littérature latine, puis d'histoire, il était doué à la fois pour la vulgarisation et la création, mais sa valeur personnelle ne lui voilait pas celle d'autrui comme le prouve son œuvre dernière consacrée à L'Esprit des lois de Montesquieu.

Les débuts scientifiques

De 1380 à 1814, les deux royaumes de Danemark et de Norvège étaient réunis sous l'autorité du roi danois. Holberg, qui naquit à Bergen en Norvège mais fit ses études et exerça sa profession au Danemark, est le plus grand nom littéraire de la double monarchie. Licencié en théologie de l'université de Copenhague en 1704, il éprouva bientôt le besoin de se rendre à l'étranger et il séjourna en Hollande (1704-1705) et en Angleterre (1706-1708). C'est à Oxford que s'éveilla sa vocation d'écrivain ; il voulut, comme l'Allemand Samuel Pufendorf, composer un manuel à l'intention du nouveau public bourgeois, une Introduction à l'histoire des principaux pays européens, poursuivie jusqu'à nos jours. L'ouvrage parut en 1711. Ce jeune et dynamique savant fut remarqué à Copenhague et obtint une bourse de voyage qui lui permit de résider, de 1714 à 1716, à Paris et à Rome. De ces voyages, il laissa de vivantes impressions dans les mémoires qu'il écrivit, en latin, sous forme de lettres à un noble personnage (imaginaire), Epistolae ad virum perillustrem (1728, 1737 et 1743). Dans le dernier volume, il brosse un portrait de la nation française et de ses relations avec elle.

Après une traversée de l'Italie, Holberg achève à Paris un nouveau manuel qui parut après son retour au pays : Introduction au droit naturel et au droit des gens (1716). Le système du droit naturel, créé par le Hollandais Grotius (1583-1645) et diffusé par les Allemands Pufendorf et Thomasius, servit à Holberg d'introduction à une philosophie moderne rationaliste ; il lui fournit l'intelligence globale des rapports entre la raison et les passions, entre l'individu et la société, entre les lois que dicte la nature et la législation des différents États.

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Classification

Pour citer cet article

Frederik Julius BILLESKOV-JANSEN. HOLBERG LUDVIG (1684-1754) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • DANEMARK

    • Écrit par , , , , , , et
    • 19 519 mots
    • 14 médias
    ...rationalisme et le piétisme. En littérature, le rationalisme se mua en classicisme fondé sur l'admiration des grands modèles antiques et surtout français. Pendant quarante ans, Ludvig Holberg (1684-1754), né en Norvège, professeur à l'université de Copenhague, donna à sa double patrie des modèles de plusieurs...
  • NORVÈGE

    • Écrit par , , , , et
    • 24 666 mots
    • 24 médias
    Au xviiie siècle, les deux plus grands Norvégiens, Ludvig Holberg et Johann Wessel, écrivent toute leur œuvre en danois. Car le Danemark a agi en colonialiste sévère en Norvège, interdisant l'emploi de la langue norvégienne dans tous les actes officiels et contraignant l'intelligentsia à publier...