LUDOVIC SFORZA, dit LE MORE (1451-1508)

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Fils cadet de François Sforza, Ludovic le More (le surnom lui vient moins de son teint basané que de sa prudence que symbolisait chez les Anciens la mûre, en grec to moron) profite de la régence de Bonne de Savoie, après l'assassinat du duc Galéas-Marie (1476), pour s'emparer des rênes du pouvoir au nom de son neveu Jean-Galéas. Patient, calculateur, cruel et rusé, protégeant les artistes et les savants, ayant plus de goût pour les intrigues que pour les armes, Ludovic Sforza, s'il fit de Milan l'une des plus brillantes cours d'Europe, livra l'Italie aux armées étrangères.

Après s'être débarrassé du sévère ministre Cicco Simonetta, il assure son pouvoir par une habile politique d'alliances entre les Sforza et les principales dynasties d'Europe. Il relègue Jean-Galéas dans une vie de faste et d'apparat jusqu'en 1494 où il se fait reconnaître comme duc de Milan par l'empereur Maximilien ; il porte le titre dès la disparition de Jean-Galéas, à laquelle on le suspecte de n'avoir point été étranger. Il favorise la transformation de Milan, attire Bramante et Léonard de Vinci, des poètes et des humanistes, suscite une vie de cour éclatante au château des Sforza. Il s'intéresse à l'exploitation des mines et aux cultures nouvelles du riz et du mûrier.

Château Sforza, Milan

Château Sforza, Milan

photographie

Tour et cour intérieure du château Sforza, Milan. 

Crédits : Bridgeman Images

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Les déboires lui viennent de sa politique extérieure. Menacé par l'expansion des cantons suisses au nord, par celle de Venise à l'est, il appelle Charles VIII en Italie, à propos des affaires de Naples, puis se détourne du roi de France dès que celui-ci est arrivé à ses fins. À l'avènement de Louis XII qui se réclame de sa grand-mère Valentine Visconti pour le Milanais, il se retrouve seul, face aux Français. Vaincu, il se réfugie auprès de Maximilien, réussit à rentrer à Milan en 1500 ; mais, prisonnier des Français, il termine sa vie dans la solitude du château de Loches (1508).

—  Michel BALARD

Écrit par :

  • : maître assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris

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Pour citer l’article

Michel BALARD, « LUDOVIC SFORZA, dit LE MORE (1451-1508) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ludovic-sforza/