LOUIS XV (1710-1774) roi de France (1715-1774)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

« Après moi, le déluge »

Depuis 1743, le roi n'a plus de Premier ministre ; il a lu et relu les instructions de son aïeul : « Écoutez, consultez votre Conseil, mais décidez. » Mais, sans doute plus intelligent et plus cultivé que lui, Louis XV manque de confiance en soi ; sa correspondance politique montre sa connaissance des affaires, la justesse de ses vues ; mais il hésite à trancher, pensant que son interlocuteur peut avoir raison contre lui, et ce n'est que poussé à bout, souvent lorsqu'il est trop tard, qu'il se décide à l'action avec une brutalité qui étonne. Sa disgrâce tombe comme la foudre sur le ministre estimé coupable ; ainsi en est-il pour Maurepas, pour d'Argenson, pour Choiseul. Seul Machault qui conserve toute son estime sera remercié avec les honneurs. Cet homme si sensible à l'opinion n'ose entreprendre les réformes indispensables par crainte de perdre sa popularité ; en décembre 1756, le roi a obligé le Parlement à enregistrer des édits le privant de ses moyens d'action, il est décidé à mettre fin à la rébellion des magistrats. Le coup de couteau de Damiens, le 5 janvier suivant, le persuade qu'il fait fausse route puisque son peuple le désavoue. La réforme de Machault ne sera réalisée qu'avec Maupeou en 1771.

De ses déboires politiques, Louis ne se console pas seulement avec ses maîtresses ; il aime tendrement ses enfants qui le lui rendent bien ; l'une de ses filles, Louise, prendra le voile en expiation des péchés de son père. La mort du Dauphin, en 1765, le plonge dans une douleur d'autant plus grande qu'il ne reste pour lui succéder qu'un enfant de onze ans. Peu auparavant, il écrivait à Choiseul : « Au moins avec mon fils, je suis sûr d'un successeur fait et ferme. Et c'est tout vis-à-vis de la multitude républicaine. » Louis XV était lucide sur l'état dans lequel il laisserait la France ; de ses mots : « tout cela durera bien autant que moi », les manuels d'histoire ont fait le célèbre : « Après moi le déluge ». Sa « révolution royale », il ne la réalise que trois ans avant sa mort. Depuis 1768, il a auprès de lui une nouvelle favorite, Je [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  LOUIS XV (1710-1774) roi de France (1715-1774)  » est également traité dans :

AIGUILLON ARMAND DE VIGNEROT duc d' (1720-1788)

  • Écrit par 
  • Solange MARIN
  •  • 435 mots

Fidèle serviteur de l'État mais n'étant apparemment doué d'aucun génie particulier, Armand de Vignerot, duc d'Aiguillon et pair de France, descend de Richelieu par la nièce de celui-ci, pour laquelle avait été acheté le duché d'Aiguillon ; le jeune Armand avait tout naturellement commencé sa carrière dans l'armée, ce qui le mena, en 1753, à être nommé commandant en chef du gouvernement de Bretagne […] Lire la suite

ARGENSON MARC PIERRE comte d' (1696-1764)

  • Écrit par 
  • Olivier COLLOMB
  •  • 157 mots

Frère cadet de René Louis d'Argenson. Lieutenant de police de Paris en 1720, conseiller d'État (1724), ministre et secrétaire d'État à la Guerre (1743-1757), Marc Pierre d'Argenson est disgracié après l'attentat de Damiens. Homme habile plus qu'administrateur avisé, brillant causeur très apprécié dans les salons parisiens, capable à la fois d'accueillir la dédicace qu'on lui fit de l' Encyclopédie […] Lire la suite

BERNIS FRANÇOIS JOACHIM DE PIERRE cardinal de (1715-1794)

  • Écrit par 
  • Louis TRENARD
  •  • 483 mots

Issu d'une famille noble et pauvre du Vivarais, François Joachim de Pierre de Bernis s'oriente vers la carrière ecclésiastique. Chanoine de Brioude, puis comte de Lyon, il se rend à Paris en 1735. Ecclésiastique sans bénéfice, homme de lettres galant (surnommé « Babet la bouquetière » par Voltaire), il ne peut rien obtenir de Fleury, mais il attend son heure. Remarqué par M me de Pompadour, il es […] Lire la suite

BERTIER DE SAUVIGNY LOUIS BÉNIGNE FRANÇOIS (1737-1789)

  • Écrit par 
  • Guillaume de BERTHIER DE SAUVIGNY
  •  • 286 mots

Maître des requêtes en 1763, Louis Bertier de Sauvigny devient l'adjoint de son père, Louis Jean, qui avait été nommé intendant de la généralité de Paris en 1744, et il lui succède, en 1771, lorsque Louis Jean est appelé par Louis XV à la présidence du parlement Maupeou. Sous son administration, aussi éclairée qu'énergique, l'immense généralité de Paris, dont l'étendue couvrait six des département […] Lire la suite

BRETAGNE AFFAIRE DE (1764-1771)

  • Écrit par 
  • Solange MARIN
  •  • 611 mots

Conflit qui opposa, sous le règne de Louis XV, le procureur général du parlement de Rennes, La Chalotais, au duc d'Aiguillon, commandant en chef de la province de Bretagne par commission royale. Depuis le début de la guerre de Sept Ans, le parlement de Bretagne soutenait une guerre d'escarmouches contre l'enregistrement d'impôts destinés à financer la guerre. Sur cette opposition entre cour souver […] Lire la suite

CHOISEUL ÉTIENNE FRANÇOIS duc de (1719-1785)

  • Écrit par 
  • Louis TRENARD
  •  • 914 mots

Issu d'une noble famille champenoise connue depuis le xi e siècle, Choiseul tire son nom d'une terre située en Bassigny. Fils d'un grand chambellan du duc François de Lorraine, le marquis de Stainville, petit-fils du baron de Beaupré, gouverneur de Saint-Domingue, il suit la carrière des armes. Brillant officier, maréchal de camp en 1748, lieutenant général en 1759, il a épousé la fille du riche […] Lire la suite

CONTI LES

  • Écrit par 
  • Jean-Marie CONSTANT
  •  • 1 008 mots

Branche cadette de la maison de Bourbon. Conti est un village de Picardie entre Amiens et Montdidier. La maison fut formée en 1551 en faveur de Louis I er de Bourbon et s'éteignit en 1614 avec la mort de François son troisième fils. Elle fut relevée vers 1630 en faveur d'Armand de Bourbon, frère du Grand Condé, et dura jusqu'en 1814. Armand sembla d'abord se destiner à l'état ecclésiastique puis […] Lire la suite

DUBOIS GUILLAUME cardinal (1656-1723)

  • Écrit par 
  • Jean-Marie CONSTANT
  •  • 656 mots

Fils d'un apothicaire de Brive-la-Gaillarde, Guillaume Dubois fit d'excellentes études à Paris, comme boursier au collège Saint-Michel, rue de Bièvre. Pauvre, le jeune abbé donnait des leçons pour vivre. Il enseigna ainsi la géographie au jeune Choiseul, puis devint sous-précepteur du duc de Chartres qui deviendra Philippe d'Orléans, régent de France. Il réussit fort bien dans cette tâche et eut l […] Lire la suite

FLEURY ANDRÉ HERCULE DE (1653-1743) cardinal français

  • Écrit par 
  • Solange MARIN
  •  • 935 mots

Fils d'un receveur des décimes, André Hercule de Fleury fut voué, en raison de la pauvreté de sa famille, à la carrière ecclésiastique. Il fut introduit à la cour par le cardinal de Bonzi, grand aumônier de la reine Marie-Thérèse et recueillit sa succession en 1679. Après la mort de la reine, il fut expédié dans l'évêché de Fréjus, où l'avait placé, disait-il, « l'indignation divine ». Néanmoins, […] Lire la suite

FONTENOY BATAILLE DE (1745)

  • Écrit par 
  • Pierre GOBERT
  •  • 511 mots

Fait d'armes le plus éclatant de la guerre de Succession d'Autriche, la bataille de Fontenoy est typique de la guerre en dentelles. L'armée française, commandée par le maréchal de Saxe alors hydropique mais resté plein d'ardeur, doit agir dans les Pays-Bas contre l'armée des Coalisés commandée par le duc de Cumberland, fils de George II. Avec ses 75 000 hommes, Maurice de Saxe investit Tournai, qu […] Lire la suite

Les derniers événements

France. Victoire de la majorité présidentielle aux élections législatives. 10-26 juin 2007

vouloir éviter « toute ambiguïté ». Le 13, alors que le projet gouvernemental d'une « T.V.A. sociale », évoqué par le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi Jean-Louis Borloo le soir du premier tour, s'impose dans les débats, le porte-parole du P.S. lance un « seul et unique mot d'ordre […] Lire la suite

France. Poursuite des attentats et mort du principal suspect. 3 septembre - 3 octobre 1995

sanisette, place Charles-Vallin, dans le XVe arrondissement de Paris, est désamorcée. Ces attentats manqués surviennent la veille de l'ouverture à Bruxelles du procès de treize membres présumés du Groupe islamique armé (G.I.A.), parmi lesquels Ahmed Zaoui, considéré […] Lire la suite

Pour citer l’article

Solange MARIN, « LOUIS XV (1710-1774) - roi de France (1715-1774) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-xv/