AIGUILLON ARMAND DE VIGNEROT duc d' (1720-1788)

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Fidèle serviteur de l'État mais n'étant apparemment doué d'aucun génie particulier, Armand de Vignerot, duc d'Aiguillon et pair de France, descend de Richelieu par la nièce de celui-ci, pour laquelle avait été acheté le duché d'Aiguillon ; le jeune Armand avait tout naturellement commencé sa carrière dans l'armée, ce qui le mena, en 1753, à être nommé commandant en chef du gouvernement de Bretagne. Là, son zèle pour améliorer le réseau routier de la province autant que son obligation de lui faire accepter de nouvelles charges fiscales lui valurent l'inimitié des États et du parlement de Rennes. Du parti dévôt et partisan des jésuites, il s'oppose particulièrement au procureur général La Chalotais, esprit nourri de philosophie. Pour défendre les privilèges de la province contre le représentant du roi, La Chalotais ameute le parlement ainsi que la population. C'est le début de la fameuse affaire de Bretagne.

En 1770, ayant à ses trousses une meute d'accusateurs réclamant sa condamnation, d'Aiguillon a recours à la protection de Mme Du Barry, et la favorite plaide sa cause auprès de Louis XV. Le roi s'exécute d'autant plus volontiers qu'il a, autrefois, soufflé au duc les faveurs de Mme de Châteauroux et se croit obligé à quelque bienfait envers lui. D'Aiguillon fait désormais partie du clan de la favorite et du groupe des intimes qui demeurera auprès du roi jusqu'à sa fin. Aux Affaires étrangères où il est appelé en 1771, il met en œuvre la politique voulue par Louis XV ; Choiseul a été renvoyé parce qu'il voulait la revanche sur l'Angleterre ; d'Aiguillon est l'homme de la paix. C'est ainsi qu'il s'abstient de protester lors du partage de la Pologne que le roi estime trop affaiblie par ses dissensions intérieures pour que son aide soit efficace. Mais si l'Autriche se contente de sa part du gâteau polonais, la Russie et la Prusse veulent également s'attaquer à la Suède, elle aussi en proie à l'agitation. D'Aiguillon et le roi soutiennent Gustave III par de l'argent et des troupes et font savoir que la France s'opposera à cette nouvelle agression, remettant en question l'équilibre européen. La mort du roi entraîne la chute du ministre avec celle de ses collègues du triumvirat, Terray et Maupeou. Marie-Antoinette n'a pas pardonné au duc la disgrâce de Choiseul ni la faveur de son ennemie personnelle, la Du Barry : d'Aiguillon ne reviendra plus au pouvoir.

—  Solange MARIN

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BRETAGNE AFFAIRE DE (1764-1771)

  • Écrit par 
  • Solange MARIN
  •  • 611 mots

Conflit qui opposa, sous le règne de Louis XV, le procureur général du parlement de Rennes, La Chalotais, au duc d'Aiguillon, commandant en chef de la province de Bretagne par commission royale. Depuis le début de la guerre de Sept Ans, le parlement de Bretagne soutenait une guerre d'escarmouches contre l'enregistrement d'impôts destinés à financer la guerre. Sur cette opposition entre cour souver […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/affaire-de-bretagne/#i_37785

LA CHALOTAIS LOUIS RENÉ DE CARADEUC DE (1701-1785)

  • Écrit par 
  • Solange MARIN
  •  • 479 mots

Né à Rennes d'une famille de petite noblesse bretonne, La Chalotais, procureur général au parlement de Rennes, nous présente le portrait achevé d'un magistrat du xviii e  siècle. Il va, en effet, consacrer le meilleur de ses forces à défendre les privilèges de son ordre au nom de l'intérêt général, le particularisme de sa province, alors qu'il est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-chalotais-louis-rene-de-caradeuc-de/#i_37785

Pour citer l’article

Solange MARIN, « AIGUILLON ARMAND DE VIGNEROT duc d' (1720-1788) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/armand-de-aiguillon/