LINDER GABRIEL LEVIELLE dit MAX (1883-1925)

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La renommée de Max Linder, première grande vedette comique de l'histoire du cinéma, fut telle que son nom d'acteur tomba et que c'est au seul prénom, à la seule syllabe de « Max » que la firme Pathé offrit le cachet annuel, fabuleux pour l'époque, de deux cent mille francs or. De son vrai nom Gabriel Levielle, Max Linder, né en Gironde, partit à la conquête de Paris en 1905, où il débuta aux Variétés ; il y fit la connaissance de Lucien Nonguet, réalisateur chez Pathé, qui l'engagea. Son premier film, La Première Sortie d'un collégien (1905), fut déjà un beau succès. Il tourna ensuite quelques drames, mais comprit vite que sa spécialité était le comique. Jusqu'en 1914, il se produisit dans près de cent cinquante petits films, dont il signa le plus souvent lui-même scénario et mise en scène, assisté de Louis Gasnier, de Lucien Nonguet ou de René Leprince. Les plus connus sont Max et l'inauguration de la statue, Max et le quinquina, Max professeur de tango, Max boxeur par amour. La guerre ralentira sa production. Un séjour à Hollywood lui fit ressentir la nécessité de scénarios plus élaborés, d'une technique plus soignée. Il ne tournera plus dès lors qu'une dizaine de films, dans lesquels le dynamisme burlesque est intégré aux recettes de la comédie et du vaudeville : Le Petit Café (1920) d'après Tristan Bernard, Sept Ans de malheur (Seven Years Badluck, tourné aux États-Unis en 1921), L'Étroit Mousquetaire (The Three Must-Get-There, également tourné aux États-Unis, en 1922), Au Secours (1923). Max Linder se suicida dans une chambre d'hôtel : ce dandy désinvolte, cet amuseur qui fit rire le monde entier était en fait un incurable neurasthénique !

L'apport de Max Linder au cinéma comique naissant ? Enrichir des schémas un peu vulgaires d'une finesse d'observation, d'une élégance de gestes qui lui appartiennent en propre. Substituer à la gesticulation théâtrale et aux grosses ficelles de ses contemporains un jeu simple, mesuré, presque réaliste. Réconcilier le cirque et le vaudeville, la grosse farce et la comédie légère. Surtout, imposer un type comique absolument original, ne devant rien ou presque à d'autres arts que le cinéma : lui-même, élégant, racé, noceur, arriviste, bref le bourgeois français, à haut-de-forme et col cassé, de la Belle Époque. L'influence de son style comique, sur Chaplin à ses débuts mais aussi, indirectement, sur la comédie américaine, de Charles Ray à Frank Capra, est considérable.

—  Claude BEYLIE

Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur émérite à l'université de Paris-I, historien du cinéma

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Dans le chapitre « Les débuts d'une industrie »  : […] En 1907, un « coup d'état » de Charles Pathé met fin au commerce du film vendu au mètre. Désormais, les films seront loués aux exploitants par l'intermédiaire de concessionnaires. Cette mesure, liée à la sédentarisation progressive des lieux de projection au cœur des villes, définit la structure ternaire – qui reste celle de la profession – en ins […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/france-arts-et-culture-le-cinema/#i_4727

Pour citer l’article

Claude BEYLIE, « LINDER GABRIEL LEVIELLE dit MAX - (1883-1925) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/linder-gabriel-levielle-dit-max/