PŘEMYSLIDES LES

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Dynastie nationale tchèque qui a fondé le royaume de Bohême. Les Slaves de ce pays se détachent de la Grande-Moravie et se regroupent en un solide État. Le territoire, encore faiblement peuplé, se répartit entre une dizaine de tribus qui occupent le centre du pays, les pourtours montagneux demeurant à peu près vides. Bien située dans la région de Prague, la tribu des Tchèques va unifier l'ensemble. La tradition fait descendre d'un ancêtre légendaire, Přemysl (le laboureur), le premier prince connu, Bořivoj, baptisé en Moravie vers 875. Des missionnaires viennent de l'empire franc, parfois accompagnés de guerriers, et évangélisent les Slaves. Alors que la société tribale était liée au paganisme, la conversion au christianisme s'accompagne du passage au féodalisme. Pourtant, l'évangélisation rencontre des résistances, et la famille des Přemyslides compte deux martyrs que l'Église romaine a canonisés : Ludmilla et, surtout, son petit-fils Wenceslas (en tchèque : Václav), assassiné par son frère en 929. Saint Wenceslas devient le patron de la Bohême, et sa fête est populaire encore de nos jours. Ses successeurs, Boleslav le Cruel (mort en 967) et Boleslav le Pieux (mort en 999), doivent se reconnaître vassaux du roi de Germanie. En 973, Adalbert fonde l'évêché de Prague et les couvents se multiplient rapidement. Martyr des païens de Prusse en 997, Adalbert sera canonisé. Les relations avec le Saint Empire deviennent de plus en plus étroites. La noblesse tchèque choisit librement son duc dans la famille des Přemyslides, mais, comme les querelles de succession ne sont pas rares, le roi de Germanie intervient en tant que suzerain. Finalement les souverains germaniques accordent aux Přemyslides la couronne royale à titre viager, d'abord en 1085, puis en 1158, et finalement à titre héréditaire en 1198. Les souverains tchèques ont leur place parmi les barons d'Empire et participent à l'élection du roi des Romains ; Ottokar II (ou Otakar II), très ambitieux, tente même de se faire élire, en 1273, roi de Germanie. Son rival, Rodolphe de Habsbourg, est plus heureux et arrache à Ottokar l'Autriche que celui-ci tente d'annexer à son patrimoine, comme ses prédécesseurs l'ont fait avec la Silésie et la Moravie. Le dernier des Přemyslides, Wenceslas III, disparaît assassiné, en 1306, et la couronne de Bohême passera, après bien des vicissitudes, à la maison de Luxembourg. Ainsi, par leur durée comme par l'importance de leur œuvre, les Přemyslides ont joué un rôle comparable à celui des Capétiens directs en France ou des Arpadiens en Hongrie.

—  Jean BÉRENGER

Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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TCHÈQUE RÉPUBLIQUE

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Dans le chapitre « La Bohême médiévale. Les Přemyslides et les premiers Luxembourg »  : […] Jusqu'au xiii e  siècle, au moins, les relations conflictuelles entre les princes ou les rois de Bohême et « l'empire romain » (ou, depuis le xii e  siècle, le « Saint Empire », et depuis le xv e , le « Saint Empire romain germanique ») constituen […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/republique-tcheque/#i_24824

Pour citer l’article

Jean BÉRENGER, « PŘEMYSLIDES LES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-premyslides/