FESTINGER LEON (1919-1989)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Leon Festinger est une figure centrale de la psychologie sociale du xxe siècle. Originaire de New York, titulaire d’un doctorat de l’université de l’Iowa sous la direction de Kurt Lewin, il a travaillé dans plusieurs universités prestigieuses, dont Stanford. De nombreuses distinctions ont émaillé la carrière de ce chercheur et théoricien hors norme, loué pour son exceptionnelle créativité.

Dans sa théorie de la comparaison sociale, dont il a jeté les bases dans un article publié en 1954, Festinger observait que les individus se comparent spontanément à autrui afin de parvenir à établir un diagnostic quant à leurs propres capacités et opinions. Par la suite, il a été proposé que le processus comparatif servait également des buts de valorisation de soi.

La théorie de la dissonance cognitive, sa contribution emblématique, se fondait sur l’hypothèse d’un besoin fondamental de cohérence à l’œuvre chez l’individu (phénomène dont la recherche interculturelle modulera l’ubiquité). L’expérience d’une incohérence étant source de tension psychologique, une motivation à l’abaissement du niveau de dissonance se produit, et sera susceptible de modifier les cognitions ou le comportement. Ce processus a été illustré à travers une étude de cas dans laquelle Festinger et ses étudiants ont infiltré une secte prédisant la fin du monde afin d’y analyser les mécanismes cognitifs et comportementaux à l’œuvre auprès de ses affidés à la suite de l’échec de la prophétie.

Une illustration très parlante du phénomène de dissonance cognitive est liée à une expérimentation au cours de laquelle des participants étaient amenés à croire qu’une tâche, en fait extrêmement ennuyeuse, était intéressante, comme l’induisait un assistant de recherche : ces participants avaient davantage tendance à surestimer cet intérêt lorsqu’ils étaient rémunérés à hauteur d’une petite somme d’argent plutôt que lorsqu’ils recevaient une somme cinq fois supérieure. Selon Festinger, le besoin de réduire la dissonance étant supérieur en condition de faible rémunération, un processus cognitif de réduction de la dissonance était alors généré.

—  Laurent BÈGUE

Bibliographie

L. Festinger, A Theory of Cognitive Dissonance, Stanford University Press, 1957.

Écrit par :

  • : professeur de psychologie sociale, directeur de la Maison des sciences de l'homme-Alpes, Gières

Classification


Autres références

«  FESTINGER LEON (1919-1989)  » est également traité dans :

ADAPTATION - Adaptation sociale

  • Écrit par 
  • Raymond BOUDON
  •  • 2 248 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La théorie de la dissonance cognitive »  : […] La deuxième théorie est associée aux noms de Festinger et de ses collaborateurs et porte le nom de théorie de la dissonance cognitive ( cognitive dissonance ). Elle concerne les opinions et attitudes moins profondément enracinées dans la personnalité que les précédentes. Son propos est d'analyser le processus de changement d'opinion chez le sujet incité à adopter, par la pres […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/adaptation-adaptation-sociale/#i_92999

PSYCHOLOGIE SOCIALE

  • Écrit par 
  • Laurent BÈGUE
  •  • 4 474 mots

Dans le chapitre « Panorama historique »  : […] À partir de la seconde moitié du xix e  siècle, plusieurs penseurs européens édifient la psychologie des peuples, avec l’intention de démontrer combien la pensée individuelle et les comportements en groupe s’avèrent profondément façonnés par la société. La fondation, en 1860, d’une revue consacrée à la Völkerpsychologie ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/psychologie-sociale/#i_92999

Pour citer l’article

Laurent BÈGUE, « FESTINGER LEON - (1919-1989) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/leon-festinger/