LE THÉÂTRE ET SON DOUBLE, Antonin ArtaudFiche de lecture

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Antonin Artaud dans La Passion de Jeanne d'Arc

Antonin Artaud dans La Passion de Jeanne d'Arc
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Danse topeng

Danse topeng
Crédits : Ernst Haas Courtesy of Hulton Getty

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Le 6 janvier 1936, Antonin Artaud (1896-1948) soumet à Jean Paulhan plusieurs textes (articles, conférences, lettres) destinés à composer un essai sur le théâtre. Au mois de décembre de la même année, il écrit à Gaston Gallimard pour défendre son travail « qui touche à des problèmes d'une extrême actualité ». Mais Le Théâtre et son double ne sera publié qu'en 1938, alors qu'Artaud vient d'être interné.

Antonin Artaud dans La Passion de Jeanne d'Arc

Antonin Artaud dans La Passion de Jeanne d'Arc

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Le poète et acteur français Antonin Artaud dans La Passion de Jeanne d'Arc (1928), film muet du réalisateur danois Carl Dreyer (1889-1968), d'après Joseph Delteil. 

Crédits : Hulton Getty

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Restaurer la fonction sacrée du théâtre

Le Théâtre et son double regroupe un ensemble de conférences (« Le Théâtre et la peste », « La Mise en scène et la métaphysique »), d'articles (« Le Théâtre alchimique », « Sur le théâtre balinais »), deux manifestes sur « le théâtre de la cruauté », et de nombreuses lettres rédigées entre 1932 et 1937. À travers ces textes, Antonin Artaud expose ses conceptions du théâtre et secoue la complaisante torpeur dans laquelle se fige la culture occidentale. En y voyant davantage qu'un simple traité de la pratique théâtrale, Jacques Derrida insiste sur le fait qu'il s'agit là plus particulièrement « d'un système de critique ébranlant le tout de l'histoire de l'Occident ».

Le Théâtre et son double reçut son unique illustration avec la mise en scène des Cenci, drame tiré de Shelley et de Stendhal qu'Artaud monta en 1935, mais qui ne resta que dix-sept jours à l'affiche. Par la mise en scène et par l'interprétation, Artaud affirmait alors vouloir porter « au cours du spectacle, l'action, les situations, les images à ce degré d'incandescence implacable qui dans le domaine psychologique ou cosmique s'identifie avec la cruauté ».

Parce que l'idée de théâtre s'est perdue, Artaud entend la restaurer dans sa fonction sacrée, celle d'une métaphysique aboutissant à l'unité originelle. En s'inspirant du théâtre balinais, qui possède son propre langage de signes, il en vient à opposer la conception d'un théâtre occidental, assujetti à la parole et aux textes, à celle d'un théâtre oriental « taillé en pleine matière, en pleine vie, en pleine réalité », qui élimine l'auteur au profit du metteur en scène promu au rang « de maître de cérémonies sacrées ».

Danse topeng

Danse topeng

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Danseur masqué, à Bali, Indonésie. Ce genre de théâtre est nommé topeng. Photographie de Ernst Haas. 

Crédits : Ernst Haas Courtesy of Hulton Getty

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ARTAUD ANTONIN (1896-1948)

  • Écrit par 
  • Paule THÉVENIN
  •  • 3 394 mots
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Le 4 septembre 1896, Antoine-Marie-Joseph Artaud (dit Antonin) est né à Marseille. Le père, Antoine Roi, est capitaine au long cours ; la mère, Euphrasie Nalpas, est une Levantine originaire de Smyrne. Il est l'aîné de cinq enfants, dont deux mourront en bas âge. Ses premières années sont celles que pouvait vivre tout enfant de la bourgeoisie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/antonin-artaud/#i_25135

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Pour citer l’article

Florence BRAUNSTEIN, « LE THÉÂTRE ET SON DOUBLE, Antonin Artaud - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-theatre-et-son-double/