LANGLOIS JEAN (XIIIe s.)

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On s'est longtemps mépris sur le véritable rôle de Jean Langlois dans la construction de Saint-Urbain de Troyes. L'érudition moderne, qui n'avait pas compris la signification du titre qui lui était donné dans les textes, avait cru qu'il était comptable. En fait, il est bien l'architecte qui donna les plans de l'édifice un peu avant 1262 et en assura, en grande partie, la construction. L'histoire de l'édifice est assez bien connue. Dès son accession au trône pontifical en 1261, sous le nom d'Urbain IV, Jacques Pantaleon décida d'élever à l'emplacement de l'échoppe de son père un édifice dédié à saint Urbain. Dès la fin de 1262, le chœur était entrepris. L'œuvre fut poursuivie rapidement par le neveu et successeur d'Urbain IV, Clément IV, jusqu'à l'été 1266, pour se ralentir ensuite. En 1286, à la mort de Clément IV, les collatéraux de la nef et le bas du mur de façade étaient montés, mais la nef ne comportait qu'une travée. À la fin du xive siècle, les parties basses de la nef furent achevées et, au milieu du xixe siècle, d'importants travaux de restauration et l'achèvement de la façade occidentale permirent enfin de fermer le chantier. L'œuvre de Jean Langlois se distingue par la magnifique légèreté donnée à l'abside. Sur un soubassement plein, deux niveaux de fenêtres ajourent l'édifice sur toute sa hauteur et dans toute la largeur du mur. La construction est réduite à un savant jeu de quilles verticales, maintenues à l'extérieur par les organes de butée. Plus subtile encore est la disposition des baies qui ne sont pas établies sur le même plan. À l'étage supérieur, elles se trouvent au nu du mur intérieur ; au-dessous, elles sont repoussées à l'extérieur, laissant un passage derrière les meneaux qui se prolongent sans interruption dans les fenêtres hautes. Ce parti audacieux crée des effets de lumière d'une très grande beauté, grâce à ces deux sources de clarté établies sur deux plans différents ; l'église est une cage de verre, immatérielle, animée de valeurs différentes selon les heures du jour.

—  Alain ERLANDE-BRANDENBURG

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Dans le chapitre « Architecture »  : […] Le succès de cette nouvelle esthétique se marque en architecture par les changements radicaux qui furent imprimés à des édifices en cours de construction : le chœur de la cathédrale d'Amiens, les parties supérieures de Beauvais. Les architectes en tirèrent, dans les constructions neuves, un parti inconnu jusqu'alors. Jean Langlois aboutit dans le projet de Saint-Urbain de Troyes (1262) à une déma […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-gothique/#i_13852

Pour citer l’article

Alain ERLANDE-BRANDENBURG, « LANGLOIS JEAN (XIIIe s.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/langlois-jean/