TE KANAWA KIRI (1944- )

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Le 1er décembre 1971, au Covent Garden de Londres, une jeune soprano néo-zélandaise fait sensation dans le rôle de la Comtesse des Noces de Figaro et acquiert une célébrité qui ne se démentira pas. Kiri Te Kanawa va rapidement s'affirmer comme l'une des plus grandes sopranos de la seconde moitié du xxe siècle.

Une étoile précoce

Kiri Te Kanawa naît le 6 mars 1944 à Gisborne, à l'est de l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande. L'un de ses parents est maori, l'autre européen, mais on sait peu de choses sur ses origines exactes car, à peine âgé de quelques semaines, le bébé est adopté par un couple lui aussi mixte – une Irlandaise et un Maori. Sa mère, bonne pianiste, veille à son éducation musicale ; l'enfant fait déjà preuve, en chantant, d'un phrasé exceptionnel et d'une sincérité confondante. Lorsqu'elle commence à étudier avec Sister Mary Leo, le professeur de chant alors le plus renommé de Nouvelle-Zélande, sa voix est d'abord exploitée dans le registre de mezzo-soprano, avant d'être développée vers l'aigu.

Dans son pays, la jeune Kiri se distingue en remportant de nombreuses compétitions vocales ; en 1964, elle fait même ses débuts à la télévision. Un an plus tard, elle part pour Melbourne, en Australie, où elle remporte le très réputé concours Sun Aria. Lorsqu'elle revient en Nouvelle-Zélande, elle est désormais connue de tous. Son domaine s'étend du classique à la chanson populaire ; elle obtient d'ailleurs son premier engagement professionnel dans un night-club d'Auckland. Elle fait partie des chœurs du théâtre local, elle apparaît même dans deux films. Dès 1964, elle enregistre, pour un petit label qui s'intéresse aux jeunes talents néo-zélandais, Kiwi Records, des disques qui ont un grand retentissement ; on retrouvera plus tard sur un album Decca certaines de ces faces gravées entre 1964 et 1970. Son enregistrement de The Nuns' Chorus, extrait de l'opérette Casanova de Johann Strauss fils, demeurera plus d'un an au hit-parade néo-zélandais et Kiri Te Kanawa obtiendra en 1968 le premier disque d'or de Nouvelle-Zélande, tant ses ventes ont été importantes.

Grâce à une bourse offerte par le gouvernement, Kiri Te Kanawa part en 1966 pour Londres, où elle reçoit, au London Opera Centre, l'enseignement de Vera Rosza, pédagogue renommée qui la suivra pendant plusieurs années. Richard Bonynge, pianiste et chef d'orchestre australien, époux de Joan Sutherland, l'entend et estime que sa voix doit évoluer vers le registre de soprano. C'est ainsi qu'elle est choisie pour incarner Didon pour une série de représentations de Didon et Énée de Henry Purcell sous l'égide du London Opera Centre, qui effectue une tournée en France en 1967. Elle s'aventure dans le rôle-titre de Carmen de Bizet (une fois en Angleterre et une fois dans son pays natal), dans Blanche de la Force des Dialogues des Carmélites de Poulenc et dans Idamante d'Idomeneo de Mozart.

En 1969, Kiri Te Kanawa apparaît au festival de Camden dans Elena de La Donna del lago de Rossini. Ce sera quasiment sa seule incursion dans le bel canto. Engagée au Covent Garden de Londres, elle commence, en 1970, par y tenir des petits rôles : une Fille-fleur dans Parsifal de Wagner, Xenia dans Boris Godounov de Moussorgski. Mais très rapidement, on lui confie des emplois importants : la Comtesse des Noces de Figaro de Mozart – dans lequel elle triomphe en 1971 –, Desdemona dans Otello de Verdi, Marguerite dans Faust de Gounod, Micaëla dans Carmen de Bizet. Son répertoire se définit très clairement : Mozart (Donna Elvira de Don Giovanni, Fiordiligi de Così fan tutte, la Comtesse des Noces, Pamina de La Flûte enchantée), Verdi (Amelia Grimaldi de Simon Boccanegra, Elisabetta de Valois dans Don Carlo, Violetta de La Traviata, Desdemona d'Otello), Puccini (Mimì de La Bohème, le rôle éponyme de Tosca), Richard Strauss (la Comtesse Madeleine de Capriccio, la Maréchale du Chevalier à la rose, le rôle-titre d'Arabella), tout ce qui permet à sa voix riche et longue de s'épanouir pleinement.

Kiri Te Kanawa dans Les Noces de Figaro

Photographie : Kiri Te Kanawa dans Les Noces de Figaro

Kiri Te Kanawa incarne en 1992 la Comtesse des «Noces de Figaro» de Mozart, mis en scène par Jean-Pierre Ponnelle au Metropolitan Opera de New York. 

Crédits : Beatriz Schiller/ The LIFE Images Collection/ Getty Images

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Michel PAROUTY, « TE KANAWA KIRI (1944- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/kiri-te-kanawa/