JOFFRE JOSEPH (1852-1931) maréchal de France

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Fils d'un petit propriétaire viticulteur, Joseph Joffre fait de brillantes études et, grâce à l'aide de ses compatriotes, prépare l'École polytechnique où il entre, benjamin de sa promotion. Lieutenant, puis capitaine au 1er génie à Versailles, il participe à la reconstruction de l'enceinte fortifiée de Paris. Prématurément veuf, il demande à servir en Extrême-Orient. À Formose, en 1885, il fortifie Keelung, puis, chef du génie à Hanoï, il organise les travaux de défense du Haut-Tonkin et prend part aux sièges de Ba Dinh et Ma Kao. Rentré en France, il est chargé des cours de fortification à l'école d'application de Fontainebleau où il ne brille pas. Appelé au Soudan pour diriger la construction du chemin de fer de Kayes à Bamako, il reçoit le commandement de la région nord-ouest. Au début de 1894, il pénètre en force à Tombouctou et organise le pays en dépit de l'hostilité du gouverneur Grodet. Il part pour Madagascar en janvier 1900, réclamé par Gallieni, pour créer le camp retranché de Diégo-Suarez. Général de brigade en 1902, il est ensuite nommé directeur du Génie à Paris et reçoit sa troisième étoile en 1905. C'est à l'époque un homme de cinquante-trois ans, corpulent, méthodique, ponctuel et assidu, peu loquace et pourvu d'un solide bon sens. En 1910, quoique non breveté, il entre au Conseil supérieur de la guerre dont, en 1911, il est vice-président. La même année, la réorganisation du haut commandement fait de lui, avec le titre de chef d'état-major général, le chef incontesté de l'armée française. Auteur d'un plan de mobilisation connu sous le nom de plan XVII, qui avait sur les précédents l'avantage d'envisager la violation de la neutralité belge, Joffre se préoccupe de réorganiser l'armée, divisée par l'affaire Dreyfus et les influences politiques. Il fait établir des thèmes de travail et des règlements que l'on expérimente lors de manœuvres sur le terrain. Tous les échelons y participent et les chefs incapables sont éliminés. Il préconise la loi de trois ans que le parlement vote le 18 juillet 1913. Grâce à lui, lorsque la guerre éclate (2 août 1914), l'armée française a comblé une partie de son handicap, face à la puissante armée allemande.

Joseph Joffre

Photographie : Joseph Joffre

Le général Joffre à son bureau en 1916. 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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Les premiers revers aux frontières n'entament ni le calme ni la détermination du commandant en chef. Devant la manœuvre allemande de débordement par la gauche, Joffre réussit une retraite générale stratégique sans rupture du front allié et, le 6 septembre, profitant d'une erreur de l'état-major ennemi qui le croit battu, il donne l'ordre d'attaquer sur l'ensemble du front. C'est la victoire de la Marne à laquelle participe Gallieni ; Paris est sauvé. Viennent ensuite la série d'opérations destinées à stopper la « course à la mer » et la stabilisation des fronts, marquée de part et d'autre par de furieuses et sanglantes attaques, en Artois au printemps et à l'automne de 1915, à Verdun et sur la Somme en 1916. Depuis le début de la guerre, la fermeté inébranlable de Joffre a fait de lui le pilote sûr qu'il fallait à l'armée, le temps que les ressources des empires français et anglais entrent en jeu. Mais le général en chef, qui refuse toute immixtion extérieure dans son commandement, n'a pas que des amis dans les milieux politiques. La pression de ses adversaires sur le gouvernement ne cesse de croître et, les résultats de l'offensive de la Somme ayant été jugés insuffisants, Joffre est remplacé par Nivelle en décembre 1916. C'est la disgrâce. Il est cependant élevé à la dignité de maréchal de France le 25 du même mois, mais il n'a pratiquement plus aucun pouvoir. En 1917, il effectue, avec Viviani, une mission aux États-Unis pour préparer l'entrée en guerre de ce pays. Le maréchal y reçoit un accueil triomphal. Les Parisiens aussi l'ovationnent quand, le 14 juillet 1919, il défile sous l'Arc de triomphe à la tête des armées alliées, aux côtés de Foch et de Pétain.

Foch et Joffre

Photographie : Foch et Joffre

Les maréchaux de France Ferdinand Foch (1851-1929) et Joseph Joffre (1852-1931), à l'École polytechnique de Paris, en 1918. 

Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

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Après la guerre et son élection à l'Académie française, il effectue de nombreuses missions de prestige à l'étranger. Rentré en France, il rédige ses Mémoires qui, terminés en 1928, ne seront publiés qu'après sa mort. Le pays lui fait des funérailles nationales grandioses et le Parlement vote une loi qui déclare que « Joseph Joffre, maréchal de France, a bien mérité de la Patrie ».

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André DAUBARD, « JOFFRE JOSEPH (1852-1931) maréchal de France », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/joseph-joffre/