HAMANN JOHANN GEORG (1730-1788)

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Les écrits de Hamann, le « mage du Nord », restent difficilement accessibles à ceux que rebutent les aphorismes, les apophtegmes déclamatoires, le langage « hiéroglyphique ». C'est au cours d'un voyage en Angleterre que Hamann passa par une expérience de type piétiste, qu'il relata peu après dans Gedanken über meinen Lebenslauf (1758-1759). Il resta presque toujours à Königsberg, sa ville natale, mais rejoignit, à la fin de sa vie, le groupe mystique de la princesse Galitzine à Münster.

On connaît surtout Hamann pour ses Sokratische Denkwürdigkeiten (1759), qui proclament un idéal de pensée et d'action pour lequel l'homme doit, selon l'auteur, s'engager dans son unité et sa totalité créatrices. Il s'en prend donc à l'esprit schizomorphe, à la Scheidekunst de l'Aufklärung et voit, dans la poésie, la langue mère du genre humain (Kreuzzüge des Philologen, 1762), le Verbe apparaissant comme le symbole de l'omniprésent noyau créateur, divin, spirituel. Mais plus anciens que le discours même sont la poésie et le chant, c'est-à-dire, au fond, les images. Avant de réfléchir sur l'univers, les hommes l'ont chanté. L'acte n'existe pas indépendamment de l'image. Ce que la création est à Dieu, la parole, organe de l'imagination créatrice, l'est à l'homme, si bien que, pour comprendre la Bible, il ne faut pas dissocier l'image et l'acte. La raison doit donc se contenter de rester la servante de la foi. Herder doit beaucoup à Hamann, le Sturm und Drang aussi, d'autant plus que, selon le mage du Nord, qui luttait contre l'influence littéraire de la France, chaque peuple doit trouver en lui-même sa propre originalité.

Hamann est vraiment, dans la littérature allemande, le précurseur du « temps des génies » et l'un des trois maîtres de l'« irrationalisme religieux » après 1750 (avec Jung-Stilling et Lavater). C'est ce qui le rapproche parfois des théosophes ; ainsi, il écrit dans [...]


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Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section), professeur à l'université de Bordeaux-III

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STURM UND DRANG

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  • Pierre GRAPPIN
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Dans le chapitre « Herder, Goethe et Hamann »  : […] Le sourcier génial du groupe a été incontestablement Herder qui, le premier, mit l'accent sur les origines populaires de la poésie. C'est que pour lui le chant a précédé le discours, les hommes ont rythmé leurs efforts par des cadences chantées avant de savoir dire consciemment ce qu'ils ressentaient. Dans la campagne autour de Riga, il avait entendu les chants des paysans lituaniens qui lui étaie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sturm-und-drang/#i_4038

Pour citer l’article

Antoine FAIVRE, « HAMANN JOHANN GEORG - (1730-1788) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/johann-georg-hamann/