MANERI JOE (1927-2009)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Compositeur, clarinettiste et saxophoniste (alto et ténor) de jazz, théoricien de la musique – il s'est particulièrement intéressé à l'ultrachromatisme (utilisation des micro-intervalles) –, Joseph Gabriel Esther Maneri naît le 9 février 1927 dans le quartier de Williamsburg, à Brooklyn (État de New York). Il s'initie à la clarinette dès l'âge de onze ans. En 1947, après avoir découvert la musique d'Arnold Schönberg, il commence à étudier avec le compositeur autrichien Josef Schmid, disciple de Schönberg et d'Alban Berg. Il forme un groupe de jazz qui improvise sur des thèmes dodécaphoniques, sans rythme ou harmonie prédéterminés, et qui mêle jazz, klezmer et musiques traditionnelles grecques, turques, arabes ou arméniennes. Vers le milieu des années 1950, il enregistre quelques improvisations free mixées sur bandes magnétiques. En 1965, il se produit au Carnegie Hall de New York au sein du Twentieth Century Innovations Ensemble de Gunther Schuller. En 1970, il commence à enseigner au prestigieux New England Conservatory of Music de Boston (harmonie, contrepoint, théorie, composition et interprétation) ; il y restera trente-sept ans ; parmi ses élèves figurent les improvisateurs free John Medeski, Jack Reilly, Marty Ehrlich ou Matthew Shipp. Sa vie durant, il a étudié et mis à profit les micro-intervalles – allant jusqu'à diviser l'octave en 72 parties, et à développer un clavier électronique pouvant engendrer 588 micro-intervalles –, dans ses compositions, situées entre jazz et musique contemporaine, comme dans ses improvisations free, teintée de blues. Au début des années 1990, il forme le Joe Maneri Quartet avec son fils Mat Maneri – violoniste et altiste –, John Lockwood ou Ed Schuller (fils de Gunther) à la contrebasse, et Randy Peterson à la batterie (Get Ready to Receive Yourself, 1993 ; Coming Down the Mountain, 1993 ; Let the Horse Go, 1995 ; In Full Cry, 1996) ; il constitue également un trio avec Mat Maneri et Peterson. Il se produit avec Paul Bley, puis forme un nouveau trio avec Mat Maneri et le guitariste Joe Morris (Three Men Walking, 1995 ; Out Right Now, 1995). On retiendra encore les albums Dahabenzapple (1993), Blessed (en duo avec Mat Maneri, 1997), Tales of Rohnlief (1998) et Angles of Repose (2002), ces deux derniers avec Mat Maneri et Barre Phillips. Joe Maneri meurt le 24 août 2009, à Boston (Massachusetts). Il a écrit, avec Scott A. Van Duyne, un ouvrage sur les micro-intervalles, Preliminary Studies in The Virtual Pitch Continuum (1986).

—  Universalis

Classification

Pour citer l’article

« MANERI JOE - (1927-2009) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 janvier 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/joe-maneri/