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NORMAN JESSYE (1945-2019)

À l’image de son imposante stature, sa voix était monumentale. Cet organe exceptionnel conjuguait l’éclat et la puissance d’une soprano dramatique, un riche medium et un grave opulent qui lui permettaient de triompher également dans des rôles habituellement réservés à la tessiture mezzo-soprano. Dotée d’un rare sens de la grandeur tragique, Jessye Norman incarna avec noblesse les héroïnes qui, de Purcell à Stravinski, ont marqué l’histoire de l’opéra.

Jessye Norman naît le 15 septembre 1945 à Augusta (Georgie, États-Unis) au sein d’une famille noire très religieuse. Dès l’enfance, elle prend des leçons de piano et chante, à l’église baptiste de Mount Calvary, des gospels qui feront par la suite partie intégrante de son répertoire. Grâce aux retransmissions radiophoniques du Metropolitan Opera de New York, elle a la révélation de l’art lyrique. En 1961, elle s’inscrit au concours de chant créé par la contraltoMarian Anderson (1897–1993). Elle n’y décroche aucune récompense mais obtient une bourse qui financera ses études, à l’université Howard de Washington, auprès de Carolyn Grant. En 1967, elle intègre le Peabody Conservatory de Baltimore puis le département de musique de l’université du Michigan. Elle travaille sa technique vocale avec Elizabeth Mannion, s’ouvre à la tradition germanique avec Alice Duschak et découvre la musique française avec le baryton Pierre Bernac.

Jessye Norman

Jessye Norman

Établie en Europe, Jessye Norman remporte en 1968 le 1er prix féminin du concours international ARD de Munich (Allemagne). En 1969, la Deutsche Oper de Berlin lui offre un contrat de trois ans. C’est sur cette scène qu’elle connaît ses premiers succès en interprétant le rôle d’Élisabeth (Tannhäuser,de Wagner) et celui de la Comtesse (Les Noces de Figaro, de Mozart). D’abord tournée vers l’Allemagne, sa carrière se développe rapidement en Italie, à Florence (dans l’oratorio Deborah de Haendel, 1970 ; Selika, dans L’Africaine de Meyerbeer, 1971) et Milan (Aïda, dans l’opéra éponyme de Verdi, 1972), puis en Angleterre (Cassandre dans Les Troyens de Berlioz, 1972). Si les plus grands théâtres européens l’acclament, les invitations outre-Atlantique se font attendre. Elle fait enfin ses débuts aux États-Unis en 1982 à Philadelphie (Jocaste dans ŒdipusRex de Stravinski et Didon dans Didon et Énée de Purcell) puis, en 1983, au Metropolitan Opera de New York (Cassandre, dans Les Troyens de Berlioz), institution dont elle sera, dès lors, l’une des vedettes les plus applaudies. Jessye Norman va parcourir, au disque et sur scène, tout l’univers lyrique, ajoutant aux noms des compositeurs les plus fréquentés – Mozart, Verdi, Bizet, Wagner – ceux de Rameau (Hippolyte et Aricie), Massenet (Hérodiade), Fauré (Pénélope), Poulenc (Dialogues des carmélites, La Voix humaine), Weber (Euryanthe), Richard Strauss (Ariane à Naxos, Salomé), Janáček (L’Affaire Makropoulos), Bartók (Le Château de Barbe-Bleue) et Schönberg (Erwartung). Son timbre sombre et profond sait s’alléger en transparences délicates qui font merveille dans des pages symphoniques signées Chausson, Mahler ou encore Schönberg. D’un éclectisme peu courant, elle pratique avec bonheur Gershwin, les opérettes d’Offenbach, la musique religieuse de Duke Ellington ou encore les mélodies de Michel Legrand. Elle chante sous la direction des chefs d’orchestre les plus célèbres de son temps : Claudio Abbado, Colin Davis, Seiji Ozawa, Eugen Jochum, Rafael Kubelík et Pierre Boulez, entre autres. Jessye Norman donne aussi des récitals de grande classe qui offrent de mémorables interprétations des œuvres de Schubert, Schumann, Brahms, Duparc, Satie, Ravel et, bien entendu, des spirituals de son enfance. Personnalité reconnue par le grand public, elle chante La Marseillaise, drapée de tricolore, à Paris sur la place de la Concorde, lors des festivités qui marquent[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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Jessye Norman

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