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JEAN SCOT ÉRIGÈNE (810 env.-env. 877)

Divisions et fonctions de l'« universitas » érigénienne

La synthèse doctrinale de Jean Scot se présente en quatre temps ou fonctions, qui correspondent respectivement à une « division » de la totalité des objets de l' intelligence (universitas ) : la nature qui crée et n'est pas créée, à savoir Dieu en tant que principe de « tout ce qui est et de tout ce qui n'est pas » ; la nature qui est créée et qui crée, c'est-à-dire les causes primordiales ou archétypes, coéternels à Dieu parce que créés de toute éternité, mais non pas coessentiels à Dieu parce que inférieurs à Dieu en tant que créés par lui ; la nature qui est créée et ne crée pas, ou l'ensemble des créatures, invisibles ou visibles (purement intelligibles, ou soumises au régime des sens, ou matérielles), dont les rangs hiérarchiques (ou l'« éloignement » inégal de leur cause) constituent autant de manifestations différentes de Dieu (théophanies) ; la nature qui ni ne crée ni n'est créée, c'est-à-dire Dieu en tant que terme inaccessible de la divinisation (deificatio ou theôsis), qui s'effectue, pour toute la création, par la double voie de l'intelligence (gnostica vis) et de l'amour (amor ou éphésis, érôs, agapê de Denys). De manière plus simple, l'univers de Jean Scot est aussi présenté selon le schème de la procession (proodos, exitus) et de la conversion (epistrophê, reditus). Dans ce mouvement double et simultané, commun à toute pensée de type platonicien, s'effectuent la constitution et le salut des « natures » érigéniennes.

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Écrit par

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section), honorary member of the Royal Irish Academy, Dublin

Classification

Pour citer cet article

René ROQUES. JEAN SCOT ÉRIGÈNE (810 env.-env. 877) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • AVICENNISME LATIN

    • Écrit par
    • 6 601 mots
    ...le titre de Liber Avicennae in primis et secundis substantiis et de fluxu entis, cet ouvrage est un centon de passages empruntés à Denys, Augustin et Jean Scot Érigène, entremêlés aux textes authentiques d'Avicenne. Exposant la doctrine érigénienne des théophanies dans le cadre de la théorie avicennienne...
  • AZRIEL DE GÉRONE (1re moitié XIIIe s.)

    • Écrit par
    • 333 mots

    Kabbaliste appartenant au Cénacle des kabbalistes de Gérone, qui était le deuxième après celui de la Provence et était constitué des disciples d'Isaac l'Aveugle. Azriel était le contemporain et, suivant certaines traditions, le gendre de Ezra ben Salomon, kabbaliste lui-même et...

  • CAROLINGIENS

    • Écrit par et
    • 12 125 mots
    • 7 médias
    ...liturgistes Amalaire et Florus, Loup de Ferrières, dont la correspondance révèle sa qualité de fin lettré. Le nom le plus illustre du siècle demeure celui de Jean Scot (ou l'Érigène, c'est-à-dire l'Irlandais), qui enseigna à l'école palatine de Charles le Chauve ; il est l'auteur du ...
  • IYYUN CERCLE D'

    • Écrit par
    • 257 mots

    Expression désignant un ensemble de textes, non de personnes, ces écrits étant tous anonymes. Leurs dénominateurs communs sont leur lieu d'origine (on suppose qu'il s'agit de la Provence ou de la Castille), leur date (fin du xiie s. ou déb. du xiiie s.) et une similarité idéologique...

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