LE PEN JEAN-MARIE (1928- )

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Homme politique français.

Né en 1928 à la Trinité-sur-Mer (Morbihan), orphelin de père depuis la Seconde Guerre mondiale, Jean-Marie Le Pen s'est investi dans les mouvements d'extrême droite en même temps que dans la vie étudiante. Engagé volontaire dans la légion, il part en 1954 combattre en Indochine, mais arrive après la bataille de Diên Biên Phu.

Élu en 1956 député de Paris à la faveur de la vague poujadiste, il se brouille rapidement avec Pierre Poujade et, après un nouvel engagement militaire, cette fois en Algérie dans le 1er régiment parachutiste (janvier-mars 1957), revient siéger à la Chambre comme non-inscrit. Il est de nouveau député (indépendant) de 1958 à 1962. En 1965, il dirige la campagne présidentielle de Jean-Louis Tixier-Vignancour.

Fondateur du Front national en 1972, il en devient le président. Les débuts sont difficiles ; il n'obtient que 0,7 p. 100 des suffrages lors de l'élection présidentielle de 1974. En 1981, il n'est pas en mesure de réunir les cinq cents signatures nécessaires pour pouvoir se présenter. La première percée électorale intervient lors des municipales de 1983. L’année suivante, sa liste obtient près de 11 p. 100 des voix aux élections européennes, permettant à son parti de sortir d'une longue période de marginalité.

Jean-Marie Le Pen revient à l'Assemblée nationale avec trente-quatre autres députés FN en 1986, grâce au scrutin proportionnel. Battu aux législatives de 1988, il obtient néanmoins cette année-là 14 p. 100 des voix à l'élection présidentielle ; il améliore ce résultat en 1995 (15 p. 100). Mais il supporte mal l'ascension de son ambitieux numéro deux, Bruno Mégret, le délégué général du parti, et cette rivalité grandissante aboutit à la scission du FN, à la fin de 1998. Dès lors, le parti est en perte de vitesse, aux européennes de juin 1999 (5,7 p. 100) comme à toutes les élections partielles. De surcroît, au début de l'année 2000, son leader est frappé d'une peine d'inéligibilité d'un an pour avoir agressé une candidate socialiste en mai 1997. Il doit abandonner pour un an son mandat de conseiller régional de Provence-Alpes-Côte-d'Azur et, en 2003, son mandat de député européen, qu’il retrouvera l’année suivante.

Alors qu'il avait presque disparu de la scène politique, Jean-Marie Le Pen crée la surprise lors du premier tour de l'élection présidentielle, le 21 avril 2002, en arrivant en deuxième place derrière Jacques Chirac, avec un score de 16,86 p. 100. La forte mobilisation républicaine entre les deux tours ne lui permet cependant pas d'élargir son audience et il est battu, le 5 mai, par le président sortant, avec 17,79 p. 100 des suffrages contre 82,21 p. 100. La capacité du président du FN à rassembler sur son nom le vote protestataire ne bénéficie pas à son parti, qui n'obtient, lors des législatives de juin 2002, aucun siège de député. L'élection présidentielle de mai 2007, où il obtient seulement 10,58 p. 100 au premier tour, vient confirmer son déclin politique.

En janvier 2011, il passe la main à sa fille, Marine Le Pen, qui prend la présidence du FN lors du XIVe congrès du parti, tandis qu’il devient président d’honneur du mouvement. Mais Jean-Marie Le Pen ne goûte guère la stratégie de « dédiabolisation » du Front national choisie par sa fille et finit par s’opposer frontalement à celle-ci en 2015. Qualifiant une nouvelle fois les chambres à gaz de « détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale », il est désavoué par sa fille qui obtient sa suspension du parti et envisage la suppression de la présidence d’honneur du Front national. Après l’annulation de ces deux décisions par la justice, il est exclu définitivement du FN au mois d’août 2015. Cependant la justice le rétablit dans sa fonction de président d’honneur du FN en novembre 2016, ce titre ne nécessitant pas d’être membre du parti. En mars 2018, après la suppression de la présidence d’honneur par les instances du parti et alors que paraissent ses mémoires, Jean-Marie Le Pen se rapproche, au Parlement européen, de députés néonazis et néofascistes.

Marine et Jean-Marie Le Pen, 2011

Photographie : Marine et Jean-Marie Le Pen, 2011

Lors du XIVe congrès du Front national organisé à Tours, le 16 janvier 2011, Marine Le Pen succède à son père Jean-Marie à la tête du parti d'extrême droite. 

Crédits : Patrick Durand/ Getty Images/ AFP

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Pour citer l’article

Bruno DIVE, « LE PEN JEAN-MARIE (1928- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-marie-le-pen/