FOURNET JEAN (1913-2008)

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Considéré comme une référence en matière de musique française, notamment aux Pays-Bas, sa seconde patrie, ainsi qu'au Japon, le chef d'orchestre français Jean Fournet a effectué sa carrière davantage hors des frontières de son pays natal qu'à la tête des orchestres français.

Il naît à Rouen le 14 avril 1913. Son père est un flûtiste et un chef de musique de talent qui le guide vers la flûte. Il travaille avec Gaston Blaquart et, à l'âge de quinze ans, il est seconde flûte à l'orchestre du Théâtre des Arts de Rouen. En 1930, il poursuit sa formation au Conservatoire de Paris, dans la classe de Philippe Gaubert, puis dans celle de Marcel Moyse ; après seulement deux ans d'études, il remporte un premier prix de flûte. Il travaille également la composition et retrouve Philippe Gaubert, devenu entre-temps professeur de direction d'orchestre, passage sanctionné par un autre premier prix. Il commence à diriger dans les opéras de province : Rouen en 1936 (où on lui offre un poste permanent en 1938), puis Marseille en 1940. Il se produit régulièrement à la tête de l'Orchestre de Radio-Paris, sous le contrôle des forces d'occupation allemandes. Cette période de sa carrière, qui lui sera longtemps reprochée, est marquée par des enregistrements de référence du Requiem (septembre 1943) et de La Damnation de Faust de Berlioz. En 1950, il remplace au pied levé Eduard van Beinum à la tête de l'Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam, dans des programmes consacrés à Maurice Ravel. Les Pays-Bas l'adoptent et l'idylle durera jusqu'à la fin de sa vie.

À Paris, il débute à l'Opéra-Comique en 1944, dans Werther de Massenet, avant d'en devenir le directeur musical (1953-1957). Il dirige également au Palais-Garnier, où il paraît pour la première fois en 1956, dans Thaïs de Massenet. Il est souvent à la tête des Concerts Lamoureux, avec lesquels il enregistre pour Philips de nombreux disques consacrés au répertoire français. Au Japon, il conduit en 1958 la première locale de Pelléas et Mélisande. Entre 1961 et 1978, il est à la tête de l'Orchestre philharmonique de la Radio néerlandaise, à Hilversum ; il en restera longtemps chef invité permanent, jusqu'au dernier concert qu'il donnera en 2004. Pendant la même période, il est directeur musical de l'Orchestre philharmonique de Rotterdam (1968-1973). L'Amérique fait appel à lui pour le répertoire lyrique français, d'abord le Teatro Colón de Buenos Aires (à partir de 1962), puis le Lyric Opera de Chicago (1965-1973). Dans les années 1960, il entretient une étroite collaboration avec la Philharmonie tchèque, qui se traduit par de nombreux enregistrements de musique française sous le label Supraphon ; il dirigera cet orchestre une dernière fois en 2003. En 1974, Marcel Landowski lui offre la direction de l'Orchestre de l'Île-de-France qu'il vient de constituer ; il conserve ce poste jusqu'en 1982. Il fait ses débuts au Metropolitan Opera de New York en 1987, dans Samson et Dalila de Saint-Saëns. Entre 1983 et 1986, il est chef invité du Tokyo Metropolitan Symphony Orchestra, puis chef honoraire à partir de 1990. C'est avec cet orchestre qu'il donne ses derniers concerts en janvier 2005. Il meurt à Weesp (Pays-Bas) le 3 novembre 2008.

L'enseignement aura occupé une place importante dans sa carrière : à l'École normale de musique, à Paris (1944-1962), ou à Hilversum (à partir de 1966). Parmi ses élèves figurent Marius Constant, Jacques Houtmann, Jean Périsson, Hiroshi Wakasugi, Fernando Lozano, Pierre Mercure, Karel Husa, Jacques Jouineau, Jean-Yves Ossonce. Pendant plusieurs années, Jean Fournet a présidé le jury du concours international de jeunes chefs d'orchestre de Besançon (1965-1971).

Sa stature imposante, l'élégance un peu froide du personnage se retrouvent dans un style de direction raffiné et contenu. Plus introverti qu'un Cluytens, moins axé sur le rythme qu'un Dervaux, il a perpétué un style français de direction d'orchestre qui a pratiquement disparu avec les générations suivantes, où le brillant s'efface derrière la précision, la transparence, le sens des couleurs et l'élégance. S'il était considéré comme un spécialiste du [...]

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Écrit par :

  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

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Alain PÂRIS, « FOURNET JEAN - (1913-2008) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-fournet/