JOINVILLE JEAN DE (1224-1317)

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Sénéchal de Champagne, Jean de Joinville participa en 1248 à la Septième Croisade où il connut rapidement des difficultés financières, et passa au service du roi, dont il devint le confident et le conseiller. Pris avec Saint Louis par les Mamelouks (1250), il fut chargé de négocier avec les Templiers l'emprunt de la somme nécessaire à la rançon de l'armée et obtint ce prêt, que refusaient les Templiers, en menaçant d'ouvrir à la hache le trésor de guerre de l'ordre. Rentré en Champagne en 1250, il fréquenta beaucoup la cour du roi et y fut le témoin attentif du règne. Chevalier courageux, mais conscient de l'inefficacité de l'entreprise, il refusa cependant de participer à la nouvelle croisade qui devait lamentablement échouer devant Tunis (1270).

Les Mémoires qu'il rédigea à la fin du siècle (Mémoires du sire de Joinville, ou Histoire de Saint Louis), à la demande de la reine Jeanne de Navarre, sont plus un témoignage personnel sur le roi qu'une histoire du règne. L'œuvre entre dans les vues d'une politique capétienne soucieuse d'exploiter au mieux le prestige du roi mort à la croisade. Mais le recul du temps et, surtout, le désintéressement de Joinville et sa naïve rudesse donnent à ses souvenirs une exceptionnelle valeur historique. Soucieux de peindre l'homme dans sa vie quotidienne et le roi à la guerre ou à ses affaires de gouvernement, plus que de glorifier le saint, critiquant parfois un comportement mystique qu'il juge excessif ou des décisions politiques qu'il ne croit pas sages, Joinville est aussi le témoin précieux de l'opinion aristocratique dans l'entourage royal. Il est, enfin, l'un des premiers mémorialistes à avoir intégré le dialogue reconstitué dans un récit. Le texte de Joinville n'est malheureusement restitué que d'après des manuscrits tardifs.

—  Jean FAVIER

Écrit par :

  • : membre de l'Institut, directeur général des Archives de France

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  • Écrit par 
  • Catherine VINCENT
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« élancé et gracile ». Parmi cet ensemble, une chance exceptionnelle : la biographie de Joinville, le familier et l'ami fidèle, qui prit la plume après la canonisation, sans arrière-pensées, pourrait-on croire... Jacques Le Goff démontre qu'il n'en est rien et que la perception du roi par le sénéchal de Champagne résulte également de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/saint-louis-livre/#i_6048

Pour citer l’article

Jean FAVIER, « JOINVILLE JEAN DE - (1224-1317) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-de-joinville/