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COUSIN JEAN, LE PÈRE (1490 env.-env. 1560) & LE FILS (1522 env.-env. 1594)

Après avoir travaillé comme géomètre en 1526 dans sa ville natale de Sens, où il séjourne jusqu'en 1540, et après avoir réalisé des cartons pour les vitraux de la cathédrale de Sens et un retable pour l'abbaye de Vauluisant en 1530, Jean Cousin le Père s'installe vers 1540 à Paris où il exécute des œuvres importantes. En 1541, on lui commande les cartons pour les tapisseries de la Vie de sainte Geneviève et, en 1543, il peint pour le cardinal de Givry les huit cartons de l'Histoire de saint Mammès. Ces tapisseries, qui devaient décorer le chœur de la cathédrale de Langres, ont été exécutées par des lissiers parisiens (de cette série, trois pièces existent encore). En 1549, il collabore à l'entrée d'Henri II à Paris. On ne possède qu'un petit nombre de tableaux de Cousin : l'Eva Prima Pandora, conservée au musée du Louvre, et La Charité, au musée Fabre de Montpellier. Ces œuvres attestent, comme les tapisseries de l'Histoire de saint Mammès, l'influence de Rosso, mais Cousin sut interpréter dans un style très personnel l'art de l'école de Fontainebleau. Quelques dessins, Pénélope, Martyre d'un saint, Jeux d'enfants, sont attribués à Cousin le Père dont on possède aussi deux gravures signées : l'Annonciation (Metropolitan Museum, New York) et la Mise au tombeau (Albertina, Vienne).

Théoricien, Cousin a publié deux traités, le Livre de perspective, publié à Paris en 1560 et illustré de gravures sur bois, et le Livre de pourtraicture (1571).

Jean Cousin le Fils fut longtemps confondu avec son père dont il fut l'élève. Sa production semble avoir été importante. En 1563, il collabore aux préparatifs de l'entrée de Charles IX.

Vers 1565, on élève dans la chapelle d'Orléans de l'église des Célestins à Paris le monument funéraire de Philippe Chabot, amiral de France. La contribution précise de Cousin le Père et de Cousin le Fils à cette œuvre est controversée ; on attribue au fils le cadre ornemental du monument et les quatre génies ailés traités dans un style maniériste très brillant. Le seul tableau qu'on lui attribue est Le Jugement dernier (Louvre), daté selon certains de 1585. Cette œuvre reflète à la fois l'influence du maniérisme florentin et celle de l'art flamand. Un certain nombre de dessins, les illustrations du Livre de Fortune (1568), des Métamorphoses d'Ovide (1570) et des Fables d'Ésope (1582) révèlent un artiste habile influencé par son père, le milieu bellifontain et l'art des pays nordiques.

— Michèle GRANDIN

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Michèle GRANDIN. COUSIN JEAN, LE PÈRE (1490 env.-env. 1560) & LE FILS (1522 env.-env. 1594) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • L'ART DE LA RENAISSANCE EN FRANCE (H. Zerner)

    • Écrit par
    • 1 859 mots

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    En France, l'italianisme et le goût de l'ornement transparaissent également. Jean Cousin donna les cartons de l'Histoire de saint Mammès (commandée en 1543 par le cardinal de Givry et tissée par les liciers parisiens Pierre Blasse le Père et Jacques Langlois) ; ceux de l'Histoire de...