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PECKER JEAN-CLAUDE (1923-2020)

Promoteur de l’astronomie française

Jean-Claude Pecker forme et inspire toute une génération d’astrophysiciens. Collaborant avec des chercheurs des États-Unis, il approfondit la physique mathématique décrivant l’interaction du rayonnement dans les conditions hors équilibre thermodynamique local (ETL), offrant ainsi une représentation plus exacte de la propagation des photons et d’autres particules dans les atmosphères d’étoiles. À Meudon, l’école qu’il forme devient pionnière dans ce domaine. Cette physique s’applique à la Terre et aux planètes, résolvant des problèmes de transfert thermique à haute température. En médecine, elle s’applique aux irradiations par d’autres particules que les photons. Jean-Claude Pecker est également l’un des premiers à pressentir le rôle essentiel des poussières interstellaires dans la formation des étoiles, novæ et galaxies.

Quoique théoricien, il est convaincu que l’astronomie est d’abord une science d’observation et donc de techniques, et comprend vite ce qu’un accès à l’espace peut lui apporter. Une semaine après le lancement de Spoutnik-1 (4 octobre 1957) et peu avant la création du Centre national d’études spatiales (CNES) en 1961, lui-même et Jacques Blamont sont appelés à collaborer avec André Danjon. Ce dernier, alors directeur de l’Observatoire de Paris, est mandaté par le général de Gaulle pour élaborer le programme scientifique français d’astronomie spatiale. Ce « programme de Versailles », qu’élaborent Jean-Claude Pecker et Jacques Blamont, est la première feuille de route de l’astrophysique observationnelle spatiale. Il contribuera à donner à la communauté astronomique française un rôle mondial de premier plan, en particulier dans les domaines spectraux ultraviolet et infrarouge.

Comme il est persuadé qu’il n’y a de véritables modèles théoriques que ceux que vérifie l’observation, seuls les résultats des missions spatiales – Cobe (1989-1993) de la NASA et surtout Planck (2009-2013) de l’Agence spatiale européenne – lui feront finalement admettre à regret que ses idées cosmologiques hétérodoxes, développées avec Jayant Narlikar, faute d’avoir bénéficié de confirmation observationnelle, doivent être abandonnées.

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Écrit par

  • : directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur, International Space Science Institute, Berne, Suisse
  • : professeur émérite de l'université Paris-VII-Denis-Diderot, membre de l'Académie des sciences

Classification

Pour citer cet article

Roger-Maurice BONNET et Pierre LÉNA. PECKER JEAN-CLAUDE (1923-2020) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Média

Jean-Claude Pecker - crédits : John Foley/ Opale / Bridgeman Images

Jean-Claude Pecker

Autres références

  • SCHATZMAN EVRY (1920-2010)

    • Écrit par Jean AUDOUZE
    • 1 046 mots
    • 1 média
    ...l'invitation de Bengt Strömgren, à l'université de Copenhague, à l'ombre du laboratoire de Niels Bohr. C'est à cette époque qu'il commence avec Jean-Claude Pecker une longue collaboration qui débouchera notamment sur la publication, en 1959, d'un ouvrage fondamental, L'Astrophysique générale...

Voir aussi