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JAPON (Arts et culture) La langue

L'écriture

L'écriture était inconnue avant l'introduction de la civilisation chinoise. Les premiers documents de la langue ne remontent guère au-delà du viiie siècle, alors que le chinois était la langue des écritures officielles, tout comme le latin au Moyen Âge européen.

À la première période, les traits spécifiques de la langue indigène étaient notés en caractères chinois ; indépendamment de son « sens » initial, l'« idéogramme » servait à représenter une des « syllabes » japonaises.

Langue japonaise : formation des kana

Langue japonaise : formation des kana

Plus tard, à partir du ixe siècle surtout, des signes spécifiques, appelés kana, entrèrent dans l'usage. Ces derniers comportent deux séries différentes : les katakana, pour lesquels on retint un fragment de caractère chinois, et les hiragana, résultant d'une écriture cursive du signe d'origine (voir illustration ci-dessous).

Dans l'usage actuel, les deux séries de kana (chacune comporte 48 signes, dont 2 sortis de l'usage) coexistent avec les caractères chinois (kanji, au nombre de 1 945 d'après une liste officielle publiée en 1981) dans un système d'écriture dont la complexité est unique au monde :

– Les katakana servent surtout à la transcription des mots étrangers.

– Les hiragana représentent tous les éléments spécifiques, notamment les « terminaisons », suffixes et autres particules.

– Les kanji sont utilisés, en fonction de leur sens, pour représenter les mots d'origine chinoise (dans l'une des prononciations appelées on, résultant de l'imitation de divers  

dialectes chinois anciens), ainsi que tout ou partie de mots indigènes. Dans ce dernier cas, comme il ne peut y avoir d'équivalences phonétiques entre un élément chinois et ses « traductions » (kun) en japonais, le même caractère peut être « lu » de manières très différentes.

Des efforts de simplification ont été accomplis depuis 1946, mais une solution radicale telle que la romanisation est toujours repoussée : l'argument invoqué le plus souvent est que la plupart des mots nécessaires à la vie moderne sont des mots composés à l'aide des caractères, souvent homophones, et que ces mots deviendraient inintelligibles sans leur « support visuel ».

À l'heure actuelle, les micro-ordinateurs, qui envahissent au Japon la quasi-totalité des bureaux et également un nombre impressionnant de foyers, prévoient le traitement d'une variété de plus de 3 000 signes dans leur application courante. Ces caractères sont exploités selon un principe simple, qui consiste à utiliser des codes de deux octets par signe, et qui, théoriquement, permettrait la codification de plus de 16 000 caractères différents avec seulement le double de ce qui est utilisé d'habitude pour les signes alphanumériques (un octet par signe).

Ainsi, les Japonais semblent prouver qu'il est tout aussi simple d'informatiser les « idéogrammes » les plus complexes que de traiter les mots en transcription romanisée, et que, de surcroît, l'utilisation des caractères chinois reste plus économique, car les mêmes mots s'avèrent beaucoup plus courts sous cette forme que dans les langues occidentales !

— Bunkichi FUJIMORI

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Écrit par

  • : Professeur à l'Institut national des langues et civilisations orientales.

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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Phonologie

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Langue japonaise : système phonologique

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Langue japonaise : formation des kana

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