CALLOT JACQUES (1592-1635)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Comblé de la faveur des princes, très tôt célébré dans la littérature artistique et largement admiré des amateurs, Jacques Callot est l'un des graveurs dont la fortune critique fut la plus immédiate et la plus durable, au point que le succès de ses compositions s'étendit aux arts décoratifs et à l'imagerie scolaire ; la céramique tira souvent parti des Gobbi et des Gueux, et Les Misères de la guerre illustrent inépuisablement, fût-ce au prix d'un contresens, le propos didactique sur les conflits européens du xviie siècle. Cependant, les catalogues de l'œuvre gravé et dessiné, les grandes expositions (Vienne, 1969 ; Washington, 1975 ; Sienne, 1976 ; Nancy, 1992) restituent l'image d'une personnalité artistique attachante et complexe. Au-delà des stéréotypes – Théophile Gautier, E.T.A. Hoffmann, Baudelaire, Aloysius Bertrand avaient déjà forgé une « manière de Callot », insolente et bravache –, la recherche offre désormais quantité d'angles de vue et de problèmes nouveaux.

Les années d'apprentissage

Callot est né à Nancy en 1592, de Jean Callot, héraut d'armes du duc de Lorraine Charles III. Ses biographes (Félibien, Baldinucci) rappellent volontiers sa naissance noble, ou plutôt dans une famille d'anoblis, et insistent sur sa précoce vocation pour le dessin. Le jeune talent de Callot se développa dans un milieu très ouvert à l'activité artistique, familier des rituels aristocratiques et d'une vision théâtrale de l'existence ; sa première formation reçut sans doute une forte empreinte du cadre stimulant de la petite capitale d'un État indépendant, qui participait alors pleinement à la civilisation de l'Europe des cours.

Attiré par l'Italie, comme tant d'autres artistes de cette époque, Callot se serait enfui de la maison paternelle à deux reprises. Aucun document ne confirme ces tentatives de fugue rapportées par Félibien, mais elles n'ont rien d'invraisemblable. Quoi qu'il en soit, Callot commença le 13 janvier 1607 un apprentissage chez l'orfèvre nancéien Demange Crocq. La même année, sans [...]



1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  CALLOT JACQUES (1592-1635)  » est également traité dans :

BOSSE ABRAHAM (1602-1676)

  • Écrit par 
  • Nathalie HEINICH
  •  • 969 mots

Appartenant à une famille calviniste de Tours, Abraham Bosse vient s'établir à Paris très jeune et, sans ses démêlés avec l'Académie, nous ne saurions que très peu de choses sur la vie de cet artisan laborieux, père de dix enfants qu'il dut élever selon ses principes de protestant doctrinaire. À vingt-sept ans, Bosse se fait connaître par la suite de La Noblesse française de l'Église , d'après Sai […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/abraham-bosse/#i_873

GRAVURE

  • Écrit par 
  • Barthélémy JOBERT, 
  • Michel MELOT
  •  • 8 560 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Gravures et styles »  : […] Il apparaît que les procédés de gravure peuvent se multiplier à l'infini. Cette richesse a permis à la gravure de s'adapter à tous les styles, et d'être redécouverte par les artistes à chaque époque. La Renaissance trouva dans la gravure le moyen de poser différemment les problèmes de géométrie de l'espace et de sa représentation rigoureuse. Le Strasbourgeois Schongauer fut l'un des premiers à s'a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gravure/#i_873

HOFFMANN ERNST THEODOR AMADEUS (1776-1822)

  • Écrit par 
  • Michel-François DEMET, 
  • Marc VIGNAL
  •  • 1 944 mots

Dans le chapitre « Les deux pôles du monde et de l'art »  : […] Né à Königsberg, Hoffmann grandit dans un milieu cultivé où l'on reçoit beaucoup, et qui offre à l'enfant précocement éveillé l'occasion d'exercer un vif esprit critique qui se donnera plus tard libre cours dans ses œuvres souvent satiriques et humoristiques ainsi que dans ses caricatures. Après d'ennuyeuses études juridiques, il est nommé chef d'orchestre à Bamberg, puis, après l'effondrement de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ernst-theodor-amadeus-hoffmann/#i_873

Voir aussi

Pour citer l’article

Paulette CHONÉ, « CALLOT JACQUES - (1592-1635) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-callot/