BELLANGE JACQUES (1575 env.-1616)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Alors qu'au début du xviie siècle la peinture parisienne traverse une phase de relative éclipse, Nancy et la Lorraine connaissent au contraire une période faste. Jacques Bellange (ou de Bellange) est avec Callot et Deruet l'un des artisans de cet heureux temps.

On ne sait pas grand-chose de la personnalité ni de la carrière de Bellange, sinon qu'il exerçait son activité en Lorraine, entre 1600 et 1615, comme décorateur, peintre et graveur. C'est surtout à ce dernier titre qu'il est resté célèbre puisque les rares tableaux conservés sont d'attribution souvent douteuse (par exemple la Lamentation sur le Christ mort du musée de l'Ermitage qui est sans doute la réplique d'un original perdu). Nulle mention d'un voyage en Italie. Pourtant, l'art de Bellange ne peut se concevoir que sur la base d'une solide formation acquise au-delà des Alpes : trop de motifs et de traits stylistiques apparaissent empruntés à Parmesan et au Baroche, en particulier, pour qu'il n'ait pas connu directement leurs œuvres.

Les sujets traités par Bellange dans ses gravures sont essentiellement d'inspiration religieuse. On possède cependant quelques gravures profanes, et il est curieux de comparer le Vielleur gravé par Bellange au même sujet traité par Georges de La Tour (musée de Nantes) : c'est le même esprit cruel qui souligne les difformités et les aspects monstrueux d'un corps d'infirme, mais avec, chez Bellange, une élégance aristocratique dans la ligne ; il en résulte une dissonance entre la matière et le ton qui relève proprement du burlesque, envers de la préciosité. Cette préciosité, elle éclate dans une œuvre comme Les Trois Marie au Sépulcre : effets de perspective télescopique, allongement invraisemblable des silhouettes, contre-jours savamment ménagés. Le maniérisme, qui à cette date est déjà largement hors de mode en Italie, trouve ici l'une de ses expressions les plus extrêmes, comparable seulement aux productions d'un Goltzius ou d'un Spranger.

—  Georges BRUNEL

Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres, conservateur des objets d'art des églises de la Ville de Paris

Classification


Autres références

«  BELLANGE JACQUES (1575 env.-1616)  » est également traité dans :

CALLOT JACQUES (1592-1635)

  • Écrit par 
  • Paulette CHONÉ
  •  • 1 949 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les années d'apprentissage »  : […] Callot est né à Nancy en 1592, de Jean Callot, héraut d'armes du duc de Lorraine Charles III. Ses biographes (Félibien, Baldinucci) rappellent volontiers sa naissance noble, ou plutôt dans une famille d'anoblis, et insistent sur sa précoce vocation pour le dessin. Le jeune talent de Callot se développa dans un milieu très ouvert à l'activité artistique, familier des rituels aristocratiques et d'un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-callot/#i_22263

LALLEMANT ou LALLEMAND GEORGES (1575 env.-env. 1635)

  • Écrit par 
  • Claude LAURIOL
  •  • 311 mots
  •  • 1 média

Peintre français dont l'œuvre ne nous est parvenue qu'à l'état fragmentaire, Georges Lallemant aurait probablement sombré dans l'oubli si son atelier, ouvert à Paris dès 1601, n'avait été fréquenté par des artistes de plus grande envergure : Poussin, Philippe de Champaigne, La Hyre et Claude Vignon. Né à Nancy, il leur apportait, par sa formation lorraine, le reflet du maniérisme allemand et néer […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lallemant-lallemand/#i_22263

LA TOUR GEORGES DE (1593-1652)

  • Écrit par 
  • Robert FOHR
  •  • 3 293 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Entre maniérisme et caravagisme »  : […] L'absence de documents sur les années de formation de Georges de La Tour (entre 1605 et 1615) réduit aux hypothèses l'étude des sources de son art. Les œuvres diurnes que l'on s'accorde à situer dans la première partie de la carrière de l'artiste – tels les Apôtres (six originaux conservés dont deux à Albi, musée Toulouse-Lautrec), les Mangeurs de pois (Gemäldegalerie, Berlin), La Rixe du musé […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-de-la-tour/#i_22263

Pour citer l’article

Georges BRUNEL, « BELLANGE JACQUES (1575 env.-1616) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-bellange/