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PLATEAU DE BURE INTERFÉROMÈTRE DU

Observatoire du plateau de Bure : Noema - crédits : IRAM

Observatoire du plateau de Bure : Noema

Situé dans les Hautes-Alpes, dans le massif du Dévoluy, l’observatoire international du plateau de Bure est équipé d’un ensemble d’antennes qui, fonctionnant en réseau, constituent ce que les astronomes appellent un interféromètre. Cet outil explore depuis 1988 les zones froides de l’Univers. Le projet Noema (Northern Extended Millimeter Array), dont l’achèvement est prévu vers 2020, vise à améliorer les performances de ce réseau, en multipliant sa sensibilité par cinq grâce notamment à l’utilisation de nouvelles technologies et de six nouvelles antennes (portant à terme leur nombre à douze).

La radioastronomie millimétrique et les objectifs de Noema

La radioastronomie millimétrique étudie les ondes radio émises par les objets célestes à des longueurs d’onde millimétriques.Elle se focalise donc sur l’étude des molécules se trouvant dans les différents milieux astrophysiques et principalement dans une grande partie du gaz interstellaire suffisamment dense et froid pour que les molécules dominent ce milieu. Le rayonnement millimétrique qu’elles émettent s’avère d’ailleurs le meilleur outil pour étudier ces condensations de gaz, car il s’y propage sans problème, contrairement à la lumière visible (utilisée en astronomie classique) qui est absorbée par les poussières interstellaires se trouvant mélangées au gaz. Cet écran de poussières, quoique gênant pour certaines observations, est cependant très utile car il permet de préserver ces molécules en leur évitant d’être détruites par le rayonnement ultraviolet interstellaire. Comme c’est dans ce gaz dense, et donc moléculaire, que se forment les étoiles, le rayonnement millimétrique permet d’étudier tous les stades de la formation stellaire, jusqu’aux disques protoplanétaires.

Par des observations millimétriques très performantes de jour comme de nuit, Noema, comme ALMA – radiotélescope installé au Chili, opérationnel depuis 2011 –, doit répondre à quelques-unes des questions clés de l’astronomie moderne :

Galaxie des Chiens de chasse (M51) - crédits : Jérôme Pety/ IRAM

Galaxie des Chiens de chasse (M51)

– observer les galaxies dans tout l’Univers, en étudiant leur structure et la formation de leurs étoiles, leur croissance et leurs amas ;

– étudier les trous noirs supermassifs au centre des galaxies et comprendre comment, dans leur phase active, ils peuvent perturber violemment leur environnement et même toute la galaxie ;

– sonder la structure, la dynamique et l’évolution chimique des galaxies proches ;

– suivre les étapes de la formation des étoiles jusqu’à l’émergence des systèmes planétaires, y compris leurs jets moléculaires et les disques protoplanétaires, la composition chimique de ces derniers et leurs interactions avec les jeunes planètes ;

– détecter des molécules organiques complexes à la recherche des éléments clés de l’apparition de la vie et mieux comprendre la chimie interstellaire.

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Écrit par

  • : directeur de recherche émérite au CNRS

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Observatoire du plateau de Bure : Noema - crédits : IRAM

Observatoire du plateau de Bure : Noema

Galaxie des Chiens de chasse (M51) - crédits : Jérôme Pety/ IRAM

Galaxie des Chiens de chasse (M51)

Observatoire de Bure : évolution de la sensibilité de l’interféromètre  - crédits : Encyclopædia Universalis France

Observatoire de Bure : évolution de la sensibilité de l’interféromètre 

Autres références

  • ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array)

    • Écrit par Pierre LÉNA
    • 2 129 mots
    • 5 médias
    ...d'instruments permit de découvrir les propriétés des nuages de gaz et de poussière formant le milieu interstellaire. Les interféromètres du plateau de Bure dans les Alpes françaises (I.R.A.M.), de Nobeyama au Japon, d'Owens Valley en Californie révélèrent la chimie complexe de ces nuages et la diversité...

Voir aussi