HUIZONG [HOUEI-TSONG] (1082-1135)

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Huizong, le dernier empereur des Song du Nord, fut moins un souverain cultivant les arts qu'un artiste égaré sur un trône. Peintre et calligraphe de talent, bon poète, fervent amateur de musique, « doué pour toute chose sauf pour être empereur » (comme le disait un ministre à l'empereur Yuan Shundi pour modérer l'admiration que ce dernier éprouvait à l'endroit de Huizong), ses dons artistiques l'amenèrent à négliger les affaires de l'État au moment où l'Empire aurait eu le plus besoin d'être fermement mené par une intelligence politique : à l'extérieur, la menace tartare se faisait toujours plus pressante ; à l'intérieur, la corruption, l'incurie et les stériles rivalités de factions sévissaient au sein du gouvernement. Cependant Huizong se nourrissait de lectures taoïstes, peignait et s'entretenait avec ses académiciens dans les jardins de rêve qu'il avait fait aménager en son palais. Le réveil fut tragique : en 1126, la capitale (Kaifeng) tombe aux mains des Tartares Jurchen, et Huizong est emmené en captivité. Dans la désolation de l'exil, il survivra huit années encore à l'effondrement de son règne. Malgré le désastre politique sur lequel il s'était achevé, ce règne – qui avait été relativement long (1101-1126) – a constitué, en particulier grâce à l'impulsion personnelle de Huizong, une étape brillante et raffinée dans l'histoire de la sensibilité et du goût en Chine.

Le mécénat de Huizong

La Chine a connu de nombreux empereurs qui étaient ou mécènes ou artistes, tout particulièrement durant la dynastie Song : Taizong, lui-même bon calligraphe, jeta les bases des collections artistiques de la dynastie : Zhenzong et surtout Renzong étaient des peintres de talent ; Shenzong développa considérablement les collections impériales. Mais Huizong les surpassa tous par sa triple activité de collectionneur, d'animateur des arts et de peintre. Les collections antiques qu'il fit rassembler comptent parmi les plus riches et les plus remarquables qui furent jamais constituées en Chine. Comme presque toutes les grandes collections dynas [...]

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Dans le chapitre « Les collectionneurs »  : […] L'étude des collections chinoises à travers les siècles reste à entreprendre. Elle éclairerait non seulement l'histoire de l'art, mais l'évolution du goût et des préoccupations intellectuelles en Chine. Il a existé en effet à chaque époque des courants esthétiques qui ont profondément influencé la vie du lettré, ses voyages, ses passe-temps, l'installation de son ermitage, de sa bibliothèque, le c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chinoise-civilisation-les-arts/#i_21457

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Pour citer l’article

Pierre RYCKMANS, « HUIZONG [HOUEI-TSONG] (1082-1135) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/huizong-houei-tsong/