HOTTENTOTS

Une religion imparfaitement connue

L'ancienne religion hottentote n'est connue que par des informations fragmentaires. Les ancêtres n'étaient invoqués qu'en de rares occasions, près de leur tombe. Les défunts étaient redoutables car ils apportaient la maladie et la mort.

La nouvelle lune était saluée par des chants, des danses et des prières. Le culte principal honorait Tsui//goab héros créateur, dispensateur de la pluie. Une fois par an les Nama lui offraient un sacrifice solennel, aux rites symboliques : le feu devait être éteint par du lait et de l' eau coulant vers un fleuve comme le ferait la pluie, et la fumée épaisse représentait les nuages espérés. Un autre être surnaturel, //Gaunab, source du mal, infligeait souffrances et malheurs avec la collaboration des sorciers.

L'eau avait un rôle ambivalent : rare et indispensable, elle était utilisée rituellement comme protection contre les infortunes ; menaçante, elle mettait en danger ceux qui se trouvaient dans une situation critique. Les malades, les accouchées, les personnes en deuil ne pouvaient la toucher sans risque de mort : tous devaient se retirer dans leur hutte et abandonner pour un temps les soucis de la vie quotidienne. Un festin solennel les introduisait dans leur nouvel état de santé, de maternité, de puberté, de mariage (ou remariage) et l'usage de l'eau leur était permis de nouveau. À la naissance, le bébé, après la perte du cordon ombilical, était exposé à la pluie, afin qu'il se familiarise avec l'origine de l'eau. Les filles devaient courir nues sous la première pluie survenant après leur puberté, afin d'assurer leur fertilité future.

— Jacques MAQUET

Pour nos abonnés, l'article se compose de 5 pages

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • Jacques MAQUET : professeur à l'université de Californie à Los Angeles

Classification

Pour citer cet article

Jacques MAQUET, « HOTTENTOTS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL :

Média

Vénus hottentote

Vénus hottentote

Vénus hottentote

Esclave de la colonie du Cap, Sawtche (appelée Saartjie par son propriétaire) est envoyée en 1810 en…

Autres références

  • AFRIQUE NOIRE (Culture et société) - Langues

    • Écrit par Emilio BONVINI, Maurice HOUIS
    • 45 681 mots
    • 1 média
    Le mot khoisan, créé par Schapera, est composé des termes khoi, que les Hottentots s'appliquent à eux-mêmes, et san qu'ils appliquent aux Boschimans. Au moment de la pénétration européenne, ainsi que le relate Delafosse, les Hottentots occupaient encore toute l'Afrique méridionale, du fleuve[...]
  • AFRIQUE (Structure et milieu) - Géographie générale

    • Écrit par Roland POURTIER
    • 118 223 mots
    • 29 médias
    [...]répartissent en deux groupes : les San, chasseurs-cueilleurs qui parcouraient le bush et furent baptisés pour cela Bushmen (Bochiman en français) ; les Khoi-Khoi, ou Hottentots, éleveurs nomades. Ces hommes se distinguent des Noirs par une taille plus petite, une peau plus claire, et une fréquente stéatopygie[...]
  • BERGDAMA

    • Écrit par E.U.
    • 1 378 mots

    Installés dans la réserve d'Okombahe (Namibie) pour la plupart d'entre eux, les Bergdama (également appelés Berg Damara) sont au nombre de 105 000 environ à la fin des années 1990. Leur origine reste mystérieuse. Ils sont beaucoup plus foncés que les populations environnantes et ressemblent plus[...]

  • CAP LE

    • Écrit par Éric AXELSON, Philippe GERVAIS-LAMBONY
    • 12 864 mots
    • 1 média
    [...]d'Indiens des Indes orientales hollandaises, de Huguenots français, ainsi que les mariages et la cohabitation avec les indigènes khoi-khoin (surnommés Hottentots par les Hollandais) augmentent la population, mais au début du xviii e siècle, la ville appelée De Kaap (« Le Cap ») ne compte encore que deux[...]
  • JUMEAUX (anthropologie)

    • Écrit par Nicole SINDZINGRE
    • 18 460 mots
    [...]exemple, épargnent les jumeaux de sexe différent, mais, dans un couple de même sexe, ils n'accordent qu'à un seul des deux enfants le droit de survivre. Les Hottentots, en revanche, tuaient, dans un couple mixte, le nourrisson de sexe féminin. Bien qu'il faille toujours se garder de négliger les données biologiques[...]
  • Afficher les 7 références

Voir aussi