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HINCMAR (806 env.-882)

Né d'une grande famille carolingienne, Hincmar est, en 832, moine bénédictin à Saint-Denis ; appelé par Louis le Pieux à la cour impériale, il assiste les évêques dans leurs assemblées. En 845, le roi de France Charles le Chauve lui confie le siège archiépiscopal de Reims, qu'il occupera jusqu'à sa mort, survenue alors qu'il fuyait devant les envahisseurs normands avec les reliques de saint Remi. Hincmar est avant tout un pasteur et un administrateur : il s'efforce de protéger les biens de l'Église contre les exactions des soldats et contre les empiétements du roi, dont il est d'ailleurs le conseiller théologique et diplomatique dans les temps troublés qui suivent le partage de l'empire de Charlemagne. Son rôle manifeste la fin de l'idée impériale et annonce l'attachement des grands prélats à la monarchie française. Pasteur, Hincmar donne une réglementation précise du mariage, dont l'influence sera considérable : il condamne l'inceste et le rapt, pratiques courantes de son temps, mettant en avant, contre les mœurs des Barbares, la doctrine de l'Église respectueuse des droits des parents d'une jeune fille et de la dignité de l'épouse. Il réforme l'Église de Reims en établissant lui-même les évêques de son ressort (jusque-là nommés par le monarque mérovingien puis carolingien, qui disposait des revenus pendant les vacances), en visitant sa province, en imposant aux associations pieuses de laïcs (les geldones) l'autorité cléricale. Grand juriste imprégné de droit romain, il met en place une puissante justice ecclésiastique contrôlée par l'archevêque ; il joue à la suite de théologiens comme Ratramne de Corbie et Paschase Radbert un rôle important dans la propagation de la communion pascale et de la confession, dans la diffusion de la piété mariale et de la dévotion eucharistique. La figure d'Hincmar, pasteur et homme politique jaloux de son autorité et usant volontiers de la manière forte, illustre l'œuvre civilisatrice accomplie par l'Église carolingienne.

— Jean-Pierre BORDIER

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • AUGUSTINISME

    • Écrit par Michel MESLIN, Jeannine QUILLET
    • 5 572 mots
    Contre ce vrai prédestinatianiste, la rigueur du bras séculier se manifesta ; condamné à la suite d'une controverse avec Raban Maur et Hincmar, le Saxon fut enfermé vingt ans dans un in-pace monastique. Mais ses théories furent réfutées par le subtil dialecticien Jean Scot Érigène et reprises...
  • GODESCALC ou GOTESCALC D'ORBAIS (805 env.-env. 868)

    • Écrit par Jean JOLIVET
    • 466 mots

    Godescalc (Gottschalk) d'Orbais est un des personnages les plus originaux de l'époque carolingienne et en même temps un des plus représentatifs de sa culture et de ses conflits. Né en Saxe au début du ixe siècle, moine à Fulda, puis à Orbais (actuel département de la Marne), il parcourt...

Voir aussi