HERPÈS

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La maladie herpétique

Épidémiologie

L'herpès touche pratiquement tous les êtres humains, comme le prouve la présence d'anticorps neutralisants dans le sang de la quasi-totalité des adultes. En France, selon les chiffres donnés en 2007 par l'association Agissons contre l'herpès, à l'occasion de la septième Journée nationale d'information, il y aurait 3,5 millions de personnes touchées par une des formes cliniques de cette maladie. La primo-infection par l'Herpesvirus simplex 1 a généralement lieu dans l'enfance à la suite d'une contamination par contact direct après incubation de trois à dix jours. Toutefois, dans la très grande majorité des cas, celle-ci passe inaperçue. Elle se traduit néanmoins par l'apparition d'anticorps circulants et d'un état d'immunité cellulaire avec une hypersensibilité cutanée du type retardé. La primo-infection par l'Herpesvirus simplex 2 est génitale sous forme de vésicules sur le gland, le prépuce ou sous forme de vulvo-vaginite. Elle apparaît après les premiers rapports sexuels.

Aspects cliniques

Les localisations cutanéo-muqueuses sont de beaucoup les plus fréquentes. Précédée par une sensation de cuisson, l'éruption herpétique fait son apparition en 24 à 36 heures sous forme de petites papules qui se transforment rapidement en un bouquet de vésicules contenant un liquide clair ou légèrement trouble. Il est contre-indiqué d'y appliquer alcool, éosine, pommades (surtout si elles contiennent des corticoïdes). L'évolution se fait en une ou deux semaines vers la guérison par rupture des vésicules laissant apparaître, sur un fond d'érythème, quelques exulcérations groupées qui se recouvrent de fines croutelles ; celles-ci se détachent au bout de quelques jours sans laisser de cicatrices.

Il importe de ne pas oublier le caractère très contagieux, en phase éruptive, du virus. Veiller en particulier à éviter l'auto-inoculation, près des yeux surtout, et la transmission par contact : le lavage des mains est recommandé.

Un caractère fâcheux de cette maladie bénigne est sa récurrence dans 50 p. 100 des cas, le plus souvent au même endroit du corps. Par sa fréquence, elle peut entraîner un état de malaise, voire d'anxiété assez pénible. Cela est particulièrement le cas chez la femme pour les poussées d'herpès diffus ano-vulvaire.

La bénignité de l'infection herpétique n'est pas toujours la règle et il existe des primo-infections graves : la kératite herpétique atteint la conjonctive et parfois la cornée sous forme d'une ulcération dendritique ; l'herpès néonatal (1 ou 2 p. 10 000 naissances) peut être mortel s'il y a atteinte du système nerveux central ; chez les immunodéprimés (chimiothérapies immunosuppressives, sida), les lésions cutanéo-muqueuses sont diffuses, nécrotiques et souvent associées à des atteintes viscérales (hépatite, pneumonie, encéphalite).

L'état latent du virus de l'herpès et la récurrence

On sait aujourd'hui que le génome viral se conserve à l'état latent dans les ganglions nerveux rachidiens ou crâniens sous une forme masquée, à l'intérieur de cellules nerveuses hôtes. Chez l'homme, par exemple, de 40 à 80 p. 100 des ganglions de Gasser sont ainsi infectés de façon latente. La réactivation endogène du virus (accompagnée parfois de névralgies dans le territoire nerveux infecté) se produit de façon périodique mais à intervalles de temps variables. Elle entraîne la réapparition des signes cliniques, à l'occasion d'infections intercurrentes ou à la suite de stress.

Thérapeutique

La mise sur le marché de l'Aciclovir dans les années 1980 constitue un tournant dans la thérapeutique des herpès graves et dans la prévention des récidives s'il est prescrit en continu. L'Aciclovir est un analogue acyclique d'une base purique, la guanine, et a une affinité élective pour la thymidine-kinase, inhibant ainsi la synthèse de l'ADN viral. Ce médicament non toxique a pratiquement rendu caduques les autres médications. Il doit être administré, si possible, de façon préventive, si les patients ont appris à reconnaître l'imminence d'un accès éruptif.

Il faut mentionner l'adénine-arabinoside ou Vidarabine ; le Phosphonoformate trisodique (Foscarnet), inhibiteur spécifique de la DNA polymérase virale, utilisé dans le traitement des herpès résistant à l'Aciclovir (déficit en thymidine-kinase) ; la Fluoroiodoaracytosine (Fiac) et la Ribavirine (Vinazole)

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages

Médias de l’article

Herpès

Herpès
Crédits : D. Vincek/ Shutterstock

photographie

Virus herpétique

Virus herpétique
Crédits : G W Willis, Md/ Getty Images

photographie

Afficher les 2 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  HERPÈS  » est également traité dans :

EXANTHÈME

  • Écrit par 
  • Didier LAVERGNE
  •  • 193 mots

Manifestation caractéristique d'infections, en général fébriles, dont le déroulement provoque, au niveau de la peau, l'apparition d'une « éruption » cutanée. La confusion est facile avec des éruptions résultant d'intoxications (en général médicamenteuses) qui ont reçu le nom de toxidermies. Toute maladie infectieuse éruptive s'en distingue cependant par l'existence d'une période d'incubation et d' […] Lire la suite

ŒIL HUMAIN

  • Écrit par 
  • Jean-Antoine BERNARD, 
  • Guy OFFRET
  •  • 11 137 mots
  •  • 13 médias

Dans le chapitre « Maladies de la cornée et de la sclère »  : […] La cornée est à la fois une partie de l'enveloppe fibreuse de l'œil (le reste étant la sclérotique), avec son rôle protecteur, et le premier dioptre du système optique oculaire. À ce titre, l'atteinte de la cornée peut être grave dans la mesure où elle peut entraîner l'ouverture du globe, ou encore affecter la vision ; dans ce dernier cas, une modification des plus minimes de sa texture peut avoir […] Lire la suite

THÉRAPEUTIQUE - Chimiothérapie

  • Écrit par 
  • Michel PRIVAT DE GARILHE
  •  • 4 938 mots

Dans le chapitre « La lutte contre les maladies à virus »  : […] Les virus sont responsables de plus de 50 p. 100 des maladies humaines : soit des maladies bénignes que l'on laisse évoluer vers la guérison avec un traitement palliatif (rhinite, grippe, rougeole, rubéole, oreillons), soit des maladies graves pour lesquelles on dispose de vaccins (poliomyélite, rage, variole, fièvre jaune, hépatite virale). Enfin, on soupçonne de plus en plus les virus d'être à l […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jannick CHAMBERLIN, Jean DE RUDDER, « HERPÈS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/herpes/