KISSINGER HENRY (1923- )

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Homme politique américain, secrétaire d'État de 1973 à 1976.

Né le 27 mai 1923 à Fürth, en Bavière, dans une famille juive de la petite bourgeoisie, Henry Alfred Kissinger émigre aux États-Unis en 1938 en raison des persécutions nazies. Devenu citoyen américain en 1943, il retourne avec les troupes d'occupation américaines en Allemagne, puis entre en 1946 à Harvard. Se spécialisant dans le domaine des relations internationales, il y poursuit ses études jusqu'au doctorat. Il y devient ensuite professeur titulaire de chaire en 1962. Passionné, dit-on, par Metternich et « l'ordre européen » de la première moitié du xixe siècle, il développe une théorie extrêmement pragmatique du système international, qui se caractérise notamment par une très grande méfiance à l'égard des « idéologies » (A World Restored : Metternich, Castlereagh, and the Problem of Peace, 1812-1922, publié en 1967). Dans le même temps, il se forme plus pratiquement à la politique étrangère. Il est consulté par les responsables républicains sous la présidence d'Eisenhower et par le président Kennedy lors de la crise de Berlin. Mais, durant toute cette période, il est plus particulièrement lié avec Nelson Rockefeller, gouverneur de l'État de New York, qui a toujours nourri des ambitions présidentielles. C'est notamment pour la campagne présidentielle de 1968, qui oppose Nixon et Rockefeller pour la nomination du candidat républicain, que Kissinger propose un plan en quatre points pour le retrait américain du Vietnam. Cette stratégie, légèrement modifiée, est adoptée par le président Nixon : en effet, Kissinger, bien que déçu par la défaite de Rockefeller, accepte d'entrer dans l'équipe de Richard Nixon. Il est nommé assistant du président pour les affaires de sécurité nationale (National Security Affairs) et secrétaire exécutif du Conseil de sécurité nationale (National Security Council). Bien que le titulaire nominal du département d'État soit William Rogers, c'est Kissinger qui est le conseiller et l'exécutant réel du président en matière de politique étrangère. Dès la fin du premier mandat de Nixon, il est omniprésent : il négocie secrètement à Pékin, à Moscou, avec le Vietnam du Nord. La signature de l'accord de Paris sur le Vietnam, en janvier 1973, lui vaut, pour ses négociations, le prix Nobel de la paix, conjointement avec Lê Duc Tho (qui refuse cette distinction alors que la paix n'est pas réelle au Vietnam). La réputation de Kissinger s'établit de plus en plus, et, tout naturellement, il remplace Rogers au département d'État en 1973, après la réélection de Nixon, devenant ainsi le premier secrétaire d'État américain né à l'étranger. Mais, pour l'essentiel, cette réputation se fonde sur un sens de la diplomatie extrêmement sûr et efficace, qui a fait merveille lors du conflit de 1973 au Proche-Orient. Kissinger est l'initiateur de ce qu'on a appelé la diplomatie de la navette, va-et-vient entre les parties adverses jusqu'à ce que les points de vue soient suffisamment proches pour qu'un accord se dessine. Doté d'un solide humour et d'une santé robuste qui lui permet de soutenir un rythme de travail effréné, il a l'art de convaincre ses interlocuteurs, quels qu'ils soient, qu'il est parfaitement d'accord avec eux et prêt à les soutenir s'ils veulent bien lui consentir suffisamment de concessions pour arracher un compromis à un adversaire devenu commun.

Guerre du Vietnam et mouvement antiguerre

Vidéo : Guerre du Vietnam et mouvement antiguerre

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Crédits : National Archives

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Les accords de Paris

Photographie : Les accords de Paris

Le 27 janvier 1973, Henry Kissinger, secrétaire d'État américain, et Lê Duc Tho (1911-1990), numéro un nord-vietnamien, signent les accords de Paris, qui devaient mettre fin à la guerre du Vietnam. Ces accords ne seront pas respectés par les Nord-Vietnamiens. 

Crédits : MPI/ Getty Images

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Traité mettant fin à la guerre de Kippour

Photographie : Traité mettant fin à la guerre de Kippour

Sur le front égyptien, le 11 novembre 1973, lors de la signature d'un premier accord égypto-israélien obtenu par le secrétaire d'État américain Henry Kissinger, le général israélien tend son stylo au général égyptien. 

Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

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Il survit à la chute de Nixon en 1974 et reste secrétaire d'État sous Gerald Ford. L'élection du président démocrate Jimmy Carter en 1976 l'éloigne de la scène politique, sur laquelle il ne revient plus que de façon mineure. Il met ce temps libre à profit pour écrire, donner des conférences et fonder une société de consultants. De 1983 à 1985, il dirige la Commission nationale bipartite sur l'Amérique centrale créée par le président Reagan. En 1989, il sert de messager entre le président George Bush et le numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev lors d'un voyage en U.R.S.S.

Il est désigné le 27 novembre 2002 par le président George W. Bush pour présider la Commission d’enquête sur les attentats terroristes du 11 septembre 2001, mais renonce deux semaines plus tard en raison d’un conflit d’intérêts.

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  • : directeur de recherche au Centre d'études et de recherches internationales de la Fondation nationale des sciences politiques

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Pour citer l’article

Marie-France TOINET, « KISSINGER HENRY (1923- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/henry-kissinger/