BIALIK HAYIM NAHMANE (1873-1934)

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Poète hébraïque, Bialik est considéré comme le plus significatif de sa génération : celle de la renaissance nationale juive qui précéda la création de l'État d'Israël. L'identification de son destin personnel avec celui du peuple juif, son inspiration novatrice et pourtant profondément enracinée dans la tradition de l'histoire, le caractère engagé de plusieurs de ses œuvres lui ont valu le titre de poète national. L'authenticité et la puissance de sa vision évocatrice, la sincérité de sa poésie lyrique, sa créativité indépendante de toute idée préconçue permettent de le ranger parmi les grands poètes de tous les temps.

Un sioniste fervent

Bialik naquit à Radi, petit village russe des environs de Jitomir. Sa famille était pauvre ; son père mourut en 1880. Son éducation fut à la fois religieuse et traditionaliste : étude du Pentateuque et de ses commentaires d'abord, du Talmud ensuite, de la philosophie traditionnelle et de la kabbale. Il se proposait de persévérer dans cette voie ; c'est ainsi qu'il entra, en 1889, à la fameuse école rabbinique de Wolojine. Esprit curieux, rebuté par le conservatisme qui régnait à l'école, Bialik commence à s'éloigner des sentiers battus : en lisant des livres considérés comme « extérieurs », en prenant connaissance de la jeune poésie hébraïque de l'époque, en s'approchant, enfin, des idées germant au sein des cercles des « Amants de Sion », influencés par A. Gintzberg (« Ahad Haam ») dont Bialik devint plus tard un ami et un disciple.

Bialik devient un adepte fervent de l'idée sioniste ; son premier poème, « À l'oiseau », paru en 1891 dans la revue hébraïque Hapardess, décrit une aspiration, naïve encore, vers la Terre promise.

Marié en 1893 à la fille d'un marchand de bois, Bialik essaie pendant quatre ans de pratiquer le métier de son beau-père. La solitude et le contact direct avec la nature mûrissent son génie poétique et son œuvre s'en trouve imprégnée pour toujours. En 1897, Bialik accepte un poste d'instituteur à Sosnowice et, à partir de 1900, il enseigne à Odessa. À cette époque, il est déjà reconnu comme l'un des grands poètes de sa génération. Un premier recueil de poèmes paraît à Varsovie, en 1902.

Les émeutes antijuives en Russie et spécialement le pogrom de Kichinev, en 1903, accentuent sa révolte contre la condition juive de son temps ; dans le poème « La Ville du massacre », il crie son indignation dirigée plus contre la passivité des victimes que contre la cruauté des bourreaux.

La vocation de Bialik s'affirme vers cette époque ; en 1904, il dirige la section littéraire du périodique hébraïque Hashiloakh ; en 1905, il se trouve parmi les fondateurs de la maison d'édition Moria. Il visite plusieurs pays et acquiert une renommée qui dépasse les frontières linguistiques. Parmi ses admirateurs, on compte des écrivains russes tels Ivan Bounine et Maxime Gorki.

Bialik s'établit définitivement en Palestine en 1924. Durant les dix dernières années de sa vie, son pouvoir créateur de poète et de nouvelliste connaît un certain déclin ; il se consacre, à cette époque, à la critique littéraire, à la traduction hébraïque (Don Quichotte, Guillaume Tell) et à l'action sioniste. Cependant, sa contribution culturelle la plus importante consiste en un immense travail de recherche et de compilation de textes hébraïques anciens. Le grand recueil commenté des textes de l'époque talmudique, intitulé Le Livre des légendes (Sefer Haagada), devenu un livre de référence, était considéré par Bialik comme l'œuvre de sa vie.

Bialik mourut à Vienne des suites d'une opération. Il fut enterré à Tel-Aviv. Ses œuvres complètes ont paru en 1935.

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Abraham GOLEK, « BIALIK HAYIM NAHMANE - (1873-1934) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hayim-nahmane-bialik/