POELZIG HANS (1869-1936)

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Souvent qualifié d'expressionniste (mais on peut s'interroger sur la signification de ce terme en architecture), Poelzig exerça une certaine influence en Allemagne comme enseignant (dès l'âge de vingt et un ans à l'Académie de Breslau) et comme partisan de Peter Behrens. De fait, si certaines des constructions d'avant guerre de Poelzig sont très proches de celles du grand initiateur du Deutscher Werkbund (l'usine de produits chimiques de Luban, qui date de 1912, ressemble fort à celle de Behrens pour l'Allgemeine Elektrizitäts Gesellschaft), d'autres sont de véritables innovations. Par exemple, un bâtiment de bureaux à Breslau qui annonce, dès 1910, le style « rationaliste » des années 1920-1930, avec ses bandes de fenêtres horizontales continues (sans angles : le coin n'est qu'une courbe) et le château d'eau de Posen (1911) conçu comme une peau de briques facettée par la structure de fer qu'elle recouvre sans la dissimuler. Mais les travaux les plus célèbres sont certainement les projets fantastiques de l'après-guerre (auxquels ni Mendelsohn ni Sant'Elia n'auraient rien à ajouter) : la maison de l'Amitié à Istanbul (1916), la Festhalle de Dresde (1917) et surtout le théâtre du Festival de Salzbourg (1920). Si aucun de ces projets ne sera malheureusement réalisé, Poelzig aura l'occasion de montrer son évolution par son œuvre la plus connue : l'aménagement intérieur du Grand-Théâtre de Max Reinhardt à Berlin (1919). Souvent l'ex-Schuman Circus aura été comparé à une caverne aux stalactites stylisées : de fait, le plafond est une sorte d'arène à l'envers d'où pendent des centaines de voûtes non porteuses de différentes tailles (les piliers sont dans le vide), formant une sorte de grille (sur laquelle la lumière joue différentes variations). Peu d'architectes nommés « visionnaires » ont obéi au principe de Gropius : « ne rien dessiner que l'on ne puisse construire », et, s'ils l'ont fait, c'est au prix de concessions (la tour Einstein de Mendelsohn et les bâtiments de Gaudí sont des exceptions). Ainsi Poelzig a-t-il pour une fois réussi à imposer sa « vision », mais il ne s'agissait, au sens propre, que d'un replâtrage, fût-il grandiose (jouer le « décor » contre une ossature préexistante, « récupération » d'un bâtiment, chose absurde aux yeux des fonctionnalistes).

—  Yve-Alain BOIS

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Pour citer l’article

Yve-Alain BOIS, « POELZIG HANS - (1869-1936) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/hans-poelzig/