SYBERBERG HANS-JÜRGEN (1935- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Hans-Jürgen Syberberg, né en 1935 à Nossendorf, dans une famille de propriétaires terriens de la Poméranie orientale, est un des cinéastes les plus singuliers de l'Allemagne des années 1970, un des plus admirés – notamment en France –, un des plus contestés aussi – du moins dans son propre pays. Éloges et critiques sont à la hauteur de ses ambitions qui, après quinze années de travail pour le grand écran, se sont tournées vers d'autres supports : vidéo, installations pour expositions et galeries d'art, et, depuis 2000, un site Internet consacré à sa propre vie et au domaine familial jadis collectivisé par la R.D.A.

H.-J. Syberberg n'avait pas choisi la facilité lorsqu'il a entrepris sa trilogie. En substance, il s'agit d'une vaste fresque mêlant mythes savants et populaires, travestissements de l'art, reflets de la culture de masse, selon une approche qui répudie tout naturalisme. Proche du Gesamtkunstwerk (recherche de l'œuvre d'art totale), cette trilogie aux références wagnériennes inévitables mais entièrement repensées, est consacrée à ceux que Syberberg considère comme les fondateurs de l'Allemagne moderne : Louis II de Bavière, roi baroque dépositaire des mythes anciens et visionnaire de l'humanité massifiée du xxe siècle, est le héros de Ludwig, Requiem pour un roi vierge (Ludwig-Requiem für einem jungfraülichen König, 1972). Le metteur en scène s'intéresse ensuite au romancier populaire Karl May, personnage contradictoire, connu par ses épopées viriles, apprécié de Hitler et par ses héros au cœur pur, tel l'Indien Winnetou (Karl May, 1974). Enfin, Hitler, un film d'Allemagne (Hitler, ein Film aus Deutschland, 1977) permet à Syberberg de réunir et de prolonger les thèmes des films précédents en les intégrant dans une réflexion foisonnante sur le nazisme, la fascination qu'il exerça sur le peuple allemand, le rôle de l'image, les rituels et les mises en scène, ou plutôt les liturgies exaltées par le nazisme. Comme l'explique le cinéaste lui-même : « J'ai tenté ce scandale esthétique de combiner la théorie brechtienne du théâtre épique avec l'esthétique musica [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  SYBERBERG HANS-JÜRGEN (1935- )  » est également traité dans :

ALLEMAND CINÉMA

  • Écrit par 
  • Pierre GRAS, 
  • Daniel SAUVAGET
  •  • 10 335 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « L'Allemagne coupée en deux »  : […] Le régime aura soutenu le cinéma jusqu'aux dernières semaines précédant la défaite, comme en témoigne Kolberg , fresque historique de Veit Harlan, destinée à stimuler la combativité de la population en 1945. Après la fin de la guerre, l'Allemagne en ruines étant partagée en zones d'occupation militaire, les plus importantes infrastructures du cinéma (Babelsberg) tombent sous […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-allemand/#i_82060

PARLANT (CINÉMA) - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Michel CHION
  •  • 3 247 mots

1899 États-Unis. Th e Astor Tramp , « picture song » de Thomas Edison. Bande filmée destinée à être accompagnée d'une chanson chantée en salle (derrière l'écran) par des artistes invités. 1900 France. Présentation par Clément Maurice du Phono-Cinéma-Théâtre à l’'Exposition universelle. Au programme, une scène d' Ham […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/parlant-cinema-reperes-chronologiques/#i_82060

Pour citer l’article

Daniel SAUVAGET, « SYBERBERG HANS-JÜRGEN (1935- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/hans-jurgen-syberberg/