ANDERSEN HANS CHRISTIAN (1805-1875)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Dans le Copenhague des premières décennies du xixe siècle, le romantisme nationaliste bat son plein. Passé la longue vogue de l'imitation française, le Danemark, fouaillé par la défaite de 1801 que lui infligea l'Angleterre, éperonné par les théories du Norvégien Steffens, tout récemment rentré d'Allemagne, s'est mis à la recherche de son âme, et la quête, d'instinct, dans les trésors du passé : vieux chants eddiques, chroniques de Saxo Grammaticus, chansons populaires. Avec un grand déploiement de mythologie, de couleur locale antique et de sentimentalisme religieux, Oehlenschlaeger et Grundtvig s'efforcent d'inculquer au peuple danois le sens de sa personnalité originale. Parallèlement, les élégances et le bon sens critique de J. L. Heiberg flattent le côté bon enfant, bon bourgeois, bon vivant du Danois. Mais c'est à un enfant du peuple sans théorie, sans école, qu'il appartiendra de découvrir au monde l'essence de l'âme danoise : Hans Christian Andersen.

À la recherche de la gloire littéraire

Andersen est né le 2 avril 1805 à Odense, dans une famille fort pauvre. Le père est cordonnier, quand il ne s'abandonne pas à ses songeries vaines de libre penseur convaincu d'avoir été fait pour « quelque chose de plus haut ». Il a épousé une femme médiocre, plus âgée que lui, superstitieuse en diable et presque illettrée. Un grand-père fou, une grand-mère repliée dans une incurable rêverie, et qui gâte son petit-fils, voilà le milieu où Hans Christian passera pourtant une heureuse petite enfance, jusqu'au jour où son père, leurré par le mirage des campagnes napoléoniennes, s'engagera dans la Grande Armée. Il reviendra en 1816 pour mourir. Entre-temps, sa femme a dû se mettre aux lessives. Elle s'adonne à la boisson, se remarie, met son enfant en apprentissage (cordonnerie, menuiserie...). La sensibilité et la santé du gamin souffreteux en pâtiront. Il a pourtant appris à lire chez une vieille femme du [...]

Hans Christian Andersen

 Hans Christian Andersen

Photographie

H. C. Bloch, Portrait de Hans Christian Andersen. Huile sur toile, 64 cm × 50 cm. Collection privée. 

Crédits : Collection privée

Afficher

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages




Écrit par :

  • : professeur émérite (langues, littératures et civilisation scandinaves) à l'université de Paris-IV-Sorbonne

Classification


Autres références

«  ANDERSEN HANS CHRISTIAN (1805-1875)  » est également traité dans :

CONTES, Hans Christian Andersen - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Régis BOYER
  •  • 759 mots
  •  • 1 média

Les Contes d'Andersen (1805-1875) sont le type même de l'œuvre universelle : il s'agit de l'un des ouvrages les plus lus au monde, et il faut gager que l'on n'est pas près d'en percer le secret. Andersen, écrivain danois sorti du plus bas peuple mais bénéficiaire d'un destin exceptionnel, se voulait avant tout romancier et dramaturge. C'est presq […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/contes-hans-christian-andersen/#i_8416

DANEMARK

  • Écrit par 
  • Marc AUCHET, 
  • Frederik Julius BILLESKOV-JANSEN, 
  • Jean Maurice BIZIÈRE, 
  • Régis BOYER, 
  • Georges CHABOT, 
  • Lucien MUSSET, 
  • Claude NORDMANN
  • , Universalis
  •  • 19 537 mots
  •  • 17 médias

Dans le chapitre « Le romantisme danois »  : […] Au seuil du xix e  siècle, le mouvement romantique atteint les pays scandinaves : comprenons que l'influence allemande se substitue à la française. Il faut distinguer ici deux vagues. La première est d'inspiration allemande. La Romantik de Tieck, de Hoffmann, de Novalis, libéra d'abord l'imagination, et permit ensuite l'influence des grands classi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/danemark/#i_8416

Pour citer l’article

Régis BOYER, « ANDERSEN HANS CHRISTIAN - (1805-1875) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/hans-christian-andersen/