VAN SANT GUS (1952- )

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Le début de la carrière de Gus Van Sant est typique du cinéma américain tel qu'il se définit à partir des années 1990 : parti d'un cinéma résolument « indépendant », voire expérimental, il évolue sans difficulté vers un cinéma de studio où il impose sa personnalité.

Gus Van Sant est né à Louisville, dans le Kentucky le 25 juillet 1952. Très tôt il se passionne pour l'art et, en 1970, il est diplômé de la Rhodes Island School of Design. Il travaille dans la publicité à New York avant de s'installer à Portland (Oregon). À partir de 1967, il réalise des films expérimentaux en 8 mm puis en 16 mm. Il est aussi musicien, peintre, réalisateur de vidéo-clips (pour David Bowie).

En 1985, il produit et monte son premier long-métrage en 16 mm, Mala Noche, adaptation de l'unique roman d'un poète mythique de Portland, Walt Curtis. Évoquant les personnages et le noir et blanc de Strangers in Paradise (Jim Jarmusch, 1984) et de Rusty James (Francis F. Coppola, 1982), le film décrit sans détour un univers baignant dans l'homosexualité, la misère sociale, sentimentale et morale, oscillant entre désirs violents, dégoût et mauvaise conscience. Les héros de Van Sant semblent y piétiner sans but ni échappatoire.

Mala Noche, primé par le Los Angeles Film Critics, et Drugstore Cowboy (1989) vont faire de Gus Van Sant une vedette du cinéma indépendant et de la contre-culture. Matt Dillon (qui jouait dans Rusty James) interprète son premier rôle d'adulte dans un road movie quasi documentaire d'une lucidité inédite sur ce monde de junkies, où William Burroughs joue un rôle de toxicomane philosophe. My Own Private Idaho (1991) est également un road movie centré sur le parcours d'un homosexuel narcoleptique, Mike, interprété par River Phoenix, et sur ses relations avec un jeune homme de bonne famille, Scott (Keanu Reeves), qui l'accompagnera dans sa recherche de sa mère, avant de l'abandonner. L'écriture brute, documentaire, intègre des images mentales, bouffées d'espoirs déçus, et de longues tirades du Henry IV de Shakespeare, dont le cinéaste s'inspire fortement. Cette fois, il refuse le vagu [...]

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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

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Pour citer l’article

Joël MAGNY, « VAN SANT GUS (1952- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/gus-van-sant/