GRANDE GUERRE ET SOCIÉTÉ

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Correspondance de guerre, 1915

Correspondance de guerre, 1915
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Ouvrières pendant la Première Guerre mondiale, 1915

Ouvrières pendant la Première Guerre mondiale, 1915
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Emprunt national, 1917

Emprunt national, 1917
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Le Mari pacifique, Paul Iribe

Le Mari pacifique, Paul Iribe
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Des sociétés déchirées par la guerre

Le départ des soldats est un moment douloureux pour les familles. Dans cette société traditionnellement pudique, il est rare d’exprimer des émotions en public, et on recommande ainsi aux femmes de contenir leurs larmes pour ne pas embarrasser les soldats. Au cours de l’été de 1914, les nouvelles parviennent lentement aux familles, qui n’ont souvent d’autre source d’information que le communiqué militaire publié dans la presse quotidienne. Alors que les chiffres effrayants des morts de 1914 sont cachés à la population, les premiers mois de guerre sont marqués par l’incertitude. Les combattants des régions envahies ont souvent perdu tout contact avec les réfugiés de leur famille. Des associations se mobilisent pendant tout le conflit pour les aider à les retrouver, par le biais notamment de journaux comme le Bulletin des réfugiés du département du Nord. Les familles s’inquiètent en outre du sort des prisonniers détenus dans des conditions difficiles par l’ennemi. Les troupes coloniales, qui combattent pour la première fois en Europe, communiquent également très difficilement avec leurs proches. C’est particulièrement le cas des « tirailleurs sénégalais », issus de toute l’Afrique de l’Ouest. La séparation est un aspect majeur des expériences des populations pendant la Grande Guerre, qu’on retrouve d’ailleurs dans les termes « front » et « arrière » employés pour désigner ces communautés nées du conflit. Cette rupture est aussi celle des générations, car les hommes les plus jeunes et les plus âgés ne sont pas mobilisables. Mais la distinction la plus frappante est bien celle des genres, car l’armée française ne mobilise pas les femmes. Si leur absence est douloureusement ressentie par les combattants, la féminisation de l’arrière fait à l’inverse partie des traits les plus marquants de la période.

Pour maintenir des liens malgré la guerre, la correspondance joue un rôle essentiel. C’est souvent le seul moyen de communication entre les soldats et leurs proches jusqu’en 1915, quand les premières permissions sont accordées. La franchi [...]


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Écrit par :

  • : maître de conférences en histoire contemporaine à l'université de Picardie-Jules-Verne, Amiens

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Emmanuelle CRONIER, « GRANDE GUERRE ET SOCIÉTÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/grande-guerre-et-societe/