PILON GERMAIN (1525 env.-1590)

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Dans les dix dernières années de sa vie, la puissance créatrice de l'artiste reste intacte. Il dispose d'un vaste atelier et l'abondance des commandes l'oblige à s'adjoindre des collaborateurs et des aides. Dès lors, il sera fréquemment amené à se limiter à l'esquisse d'une sculpture ou d'un tombeau et en abandonnera l'exécution à ses élèves.

Jusqu'à 1585 environ, Pilon fut occupé par de nouvelles sculptures en marbre pour la chapelle funéraire des Valois à SaintDenis. On retiendra dans cette production un Christ ressuscité avec deux gardiens (musée du Louvre), un Saint François d'Assise (église Saint-Jean-Saint-François, Paris), ainsi que deux nouvelles statues funéraires de Henri II et de Catherine de Médicis qui, cette fois, furent représentés en gisants revêtus des ornements royaux (Saint-Denis). Il est impossible de déterminer avec exactitude dans quel ordre chronologique furent créées ces œuvres.

La Vierge de Pitié fut la dernière sculpture exécutée pour la chapelle des Valois à Saint-Denis (église Saint-Paul, Paris). Son modèle original en terre cuite, grandeur nature, est conservé au musée du Louvre ; sans doute Pilon le créa-t-il en tant qu'exemple pour ses aides qui exécutèrent la plupart des œuvres citées. Dans cette création, chef-d'œuvre de l'artiste, le type de la Vierge est emprunté aux dépositions de croix ou mises au tombeau nombreuses en France, dont il a repris certains détails comme le voile ramené en avant et les mains croisées sur la poitrine. Toutefois, par l'expression contemplative et recueillie qu'il parvient à donner à la statue en creusant profondément les plis des étoffes, Pilon restera inégalé à son époque.

Du style pathétique et dramatique des dernières années, le tombeau de René de Birague, que Pilon réalisa en 1583 à la mort de ce dernier, est également un témoignage. Le corps du personnage s'efface entièrement sous l'ample vêtement creusé de plis profonds qui se poursuit sur le sol par une longue traîne. Dans ces œuvres, il devient évident que le sculpteur n'a pas abandonné la tradition des effets de draperies de la statuaire gothique. Au contraire, c'est dans ses dernières créations que cette tradition semble revivre une fois de plus. L'expression, dont l'intensité annonce l'art baroque, est soutenue par le modelé des étoffes. Reprenant une autre idée de la tradition médiévale, Pilon fit peindre le priant de bronze de René de Birague ; aujourd'hui encore, on peut y déceler des traces de peinture. Le relief en bronze de la Déposition du Christ (musée du Louvre) a été exécuté dans les dernières années de la vie de Pilon ; aucun document ne le lui attribue officiellement, cependant le style de la sculpture a permis de ne jamais douter qu'il en fut l'auteur. Dans cette composition, Pilon rejoint le relief exécuté vers 1544 par Goujon, La Déposition du Christ (également au Louvre). Mais c'est dans la figuration du corps du Christ, de face, tourné vers le spectateur, que se remarque de nouveau le style particulier de Pilon, qui se rattache à la forme de représentation du gothique tardif.

Après la mort de Pilon, à Paris, ses élèves, parmi lesquels se trouvaient Barthélemy Prieur et Mathieu Jacquet, s'efforcèrent de poursuivre son œuvre.

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Thomas Wolfgang GAEHTGENS, « PILON GERMAIN (1525 env.-1590) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/germain-pilon/