SCHRÖDER GERHARD (1944- )

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Septième chancelier (1998-2005) de la république fédérale d'Allemagne.

Gerhard Fritz Kurt Schröder est né le 7 avril 1944 à Mossenberg, un petit village de Westphalie. Son père, soldat du génie pendant la guerre, est tué sur le front roumain quelques jours plus tard. En 1947, sa mère se remarie avec un ouvrier, Paul Vosseler. À l'âge de quatorze ou quinze ans, Gerhard Schröder assume le rôle du père ; il effectue de petits travaux pour rapporter quelques marks supplémentaires. Pour échapper peut-être aux rigueurs de la pauvreté, il se passionne pour le football et joue comme avant.

Après l'école primaire, ne pouvant entrer au lycée faute de moyens, il apprend le métier de vendeur dans un magasin de porcelaine ; à dix-sept ans, il s'installe à Göttingen (Basse-Saxe) où il travaille dans une quincaillerie. Par le système des cours du soir, il décide de passer son brevet, puis son baccalauréat. En tant qu'orphelin de guerre, il obtient une bourse qui l'aide à payer ses études de droit à Göttingen, où il se sent peu concerné par les mouvements contestataires de 1968. Il est avocat à trente-deux ans.

En 1963, il adhère au Parti social-démocrate (SPD) où l'attirent des personnalités comme celle de Willy Brandt, qui deviendra chancelier, et de Helmut Schmidt, futur ministre de la Défense. Après avoir milité dans la section des étudiants socialistes de Göttingen, il se fait élire en 1978 à la présidence fédérale des Jeunes Socialistes (Jusos), les enfants terribles du SPD, déchirés entre différentes chapelles communistes et socialistes. Gerhard Schröder se définit lui-même à l'époque comme marxiste.

Aux élections fédérales du 5 octobre 1980, il est élu député au Bundestag dans une circonscription de Hanovre (Basse-Saxe). Mais la coalition entre sociaux-démocrates et libéraux (FDP) se rompt en septembre 1982 : le 1er octobre, Helmut Kohl (CDU) prend la tête d'un gouvernement composé de chrétiens-démocrates et de libéraux (CDU-CSU/FDP). Gerhard Schröder comprend que, à Bonn, le SPD est condamné à une longue période d'opposition ; aussi préfère-t-il revenir à Hanovre où il va donner une nouvelle orientation à sa carrière politique.

Le SPD a subi plusieurs échecs régionaux. En juillet 1984, Gerhard Schröder devient le candidat du SPD aux fonctions de ministre-président (chef du gouvernement régional). Lors des élections régionales de 1986, le parti progresse. Aux élections suivantes, le 13 mai 1990, le SPD dépasse la CDU et décide de former un gouvernement avec les Verts. En six ans, Gerhard Schröder a atteint l'objectif qu'il s'était fixé : diriger le gouvernement de Hanovre. Profitant du manque d'envergure des successeurs de Willy Brandt à la présidence du parti, il affirme rapidement ses ambitions au niveau fédéral.

En 1993, Gerhard Schröder échoue à enlever la présidence du SPD. L'appareil du Parti social-démocrate lui préfère Rudolf Scharping, ministre-président de Rhénanie-Palatinat, qu’il réussit à faire écarter deux ans plus tard au profit d'Oskar Lafontaine, ministre-président de Sarre. Dès 1996, Gerhard Schröder devient un des hommes politiques les plus populaires en Allemagne ; les sondages montrent aussi qu'il est le seul candidat du SPD capable de battre Helmut Kohl.

L'écart qu'il creuse avec la CDU aux élections régionales de Basse-Saxe, le 1er mars 1998, prouve que l'opinion le soutient. Oskar Lafontaine accepte aussitôt qu’il devienne le candidat du parti aux élections fédérales du 27 septembre 1998. Le 27 octobre, il succède à Helmut Kohl, devenant le premier candidat de l'opposition à avoir réussi la conquête de la chancellerie dès sa première tentative.

L'ancien marxiste s'est converti, d'aucuns disent avec beaucoup d'opportunisme, à l'économie sociale de marché, allant de la gauche vers le centre. Son goût du pouvoir l'emporte sur le respect de l'orthodoxie doctrinale du SPD – d'où ses démêlés avec le parti.

Les principaux points du programme social et économique du gouvernement Schröder sont très controversés.

La politique intérieure est très heurtée jusqu'en novembre 1999. Le 11 mars, Oskar Lafontaine démissionne avec fracas de ses fonctions de ministre fédéral des Finances, de député et de président du SPD. Les résultats des élections intermédiaires sont catas [...]

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Pour citer l’article

Henri MÉNUDIER, « SCHRÖDER GERHARD (1944- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gerhard-schroder/