SCHMIDT HELMUT (1918-2015)

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Cinquième chancelier (1974-1982) de la république fédérale d'Allemagne. Né à Hambourg, d'un père professeur puis directeur d'école, Helmut Schmidt fait ses études secondaires à la célèbre Lichtwarkschule de la ville hanséatique et passe son baccalauréat en 1937. Il ne reprendra ses études que dix ans plus tard car, après le service du travail du Reich et le service militaire, il fait la guerre, qu'il termine comme lieutenant dans l'artillerie antiaérienne, après avoir connu une courte captivité. Il ne participe pas à la résistance, mais il appartient à cette génération que la guerre a rendue sceptique et réaliste.

Helmut Schmidt vers 1972

Photographie : Helmut Schmidt vers 1972

Ministre de la Défense, puis des Finances (juillet 1972) dans le gouvernement de Willy Brandt, le social-démocrate Helmut Schmidt remplacera ce dernier comme chancelier de la république fédérale d'Allemagne en mai 1974. Il restera à ce poste jusqu'en 1983. 

Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

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De 1946 à 1949, il étudie l'économie et les sciences politiques à Hambourg ; puis il travaille jusqu'en 1953 à l'Office de l'économie et des transports de cette même ville. Adhérent du Parti social-démocrate (S.P.D.) dès 1946, il a présidé la fédération des étudiants socialistes en 1947-1948. Élu député fédéral au Bundestag en 1953, il appartient au comité directeur du groupe parlementaire en 1957 et au comité directeur fédéral du S.P.D. en 1958. Polémiste redouté, il se spécialise dans les problèmes de défense, à une époque où son parti admet mal la Bundeswehr. Lassé de l'opposition à Bonn, il assume en 1962 les fonctions de sénateur (ministre) à Hambourg ; son sang-froid et son sens de l'organisation font merveille lors du raz de marée qui dévaste une partie de la ville au printemps de cette même année.

Réélu au Bundestag en 1965, il poursuit son ascension dans le parti, devenant vice-président puis président du groupe parlementaire S.P.D. en 1967 et vice-président du parti en 1968. Il joue ainsi un rôle essentiel lors du gouvernement de grande coalition de 1966 à 1969. En octobre 1969, Willy Brandt, président du S.P.D., prend, comme chancelier, la direction de la première coalition socio-libérale à Bonn. Nommé ministre de la Défense, Helmut Schmidt entreprend une vaste réforme de la Bundeswehr. Il se querelle avec son ancien professeur, Karl Schiller, à propos de la politique économique et, quand ce dernier démissionne, en juillet 1972, du ministère de l'Économie et des Finances, Helmut Schmidt lui succède. Dans le second gouvernement Brandt, issu des élections de 1972, il ne conserve que les Finances, mais il est désormais l'homme fort du cabinet. Il gère les Affaires économiques qui, depuis la crise énergétique de 1973, échappent de plus en plus à Willy Brandt. Lorsque celui-ci démissionne, le 7 mai 1974, après qu'on eut découvert un espion de la République démocratique allemande dans son entourage immédiat, Helmut Schmidt prend naturellement la succession. Élu chancelier le 16 mai 1974, il est confirmé dans ces fonctions, mais avec une majorité très réduite, après les élections de 1976.

Il donne le coup d'arrêt, en 1977, au terrorisme de la Fraction armée rouge, puis triomphe de son adversaire Franz Josef Strauss aux élections de 1980. Mais cette victoire personnelle masque l'usure et les divisions non seulement du S.P.D., mais de la coalition socialiste-libérale, au pouvoir depuis 1969. En matière de défense, Helmut Schmidt, malgré toute son autorité, est contrecarré par son aile gauche pacifiste, hostile à l'implantation d'euromissiles en Allemagne. Sur le plan économique, la montée du chômage, le ralentissement de l'activité et l'endettement croissant de l'État entraînent de sérieuses divergences avec l'allié libéral qui, en 1982, ouvre une crise gouvernementale en se retirant du cabinet Schmidt et en formant une coalition avec la C.D.U.-C.S.U. Schmidt, renversé par une motion de défiance en octobre 1982 et remplacé par le président de la C.D.U., Helmut Kohl, renonce peu après à conduire le S.P.D. aux élections de 1983. Il est membre du Bundestag jusqu'à son retrait de la vie politique en 1987.

Par la diversité des responsabilités politiques, parlementaires et exécutives qu'il a assumées, tant au niveau régional que fédéral, par sa connaissance approfondie des problèmes politiques, économiques et sociaux, allemands et étrangers, Helmut Schmidt est un homme d'État de grande expérience. Rationnel, précis et pragmatique, il a mis l'accent, dans son action gouvernementale, sur la solution des problèmes économiques et financiers, ce qui lui a permis d'accroître l'influence de son pays – trait d'union entre l'Ouest et l'Est – en Euro [...]

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ALLEMAGNE (Politique et économie depuis 1949) - République fédérale d'Allemagne jusqu'à la réunification

  • Écrit par 
  • Alfred GROSSER, 
  • Henri MÉNUDIER
  •  • 16 229 mots
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Dans le chapitre « Le Parti social-démocrate »  : […] Le Parti social-démocrate d'Allemagne ( S.P.D.) est le plus ancien des partis actuels, car ses origines remontent à 1863. Malgré la politique répressive de Bismarck, il devint ultérieurement la première force politique de l'Empire. Il joua ensuite un rôle important sous la République de Weimar, dont il fut un des principaux soutiens. Hitler l'interdit le 23 juillet 1933 et annula ses mandats au Re […] Lire la suite

Pour citer l’article

Henri MÉNUDIER, « SCHMIDT HELMUT - (1918-2015) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/helmut-schmidt/