MORTIER GÉRARD (1943-2014)

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Derrière ses lunettes sérieuses et ses costumes sages, le Flamand Gérard Mortier dissimule avec subtilité le plus grand directeur d'opéra de la fin du xxe siècle et du début du xxie siècle.

Gérard Mortier

Gérard Mortier

Photographie

Alors qu'il venait de quitter la direction du festival de Salzbourg, Gérard Mortier créa le premier cycle de la Ruhr Triennale, située dans d'anciens locaux industriels, qu'il dirigea de 2002 à 2004. 

Crédits : A. Scheidemann/ dpa/ Corbis

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Cet élève des jésuites de Gand, où il naît le 25 novembre 1943, renonce vite à son rêve d'enfant, devenir chef d'orchestre, pour faire des études de droit et de communication. Il ne tarde pas à rejoindre le monde de la culture en faisant ses premières armes comme assistant au festival des Flandres. Son intelligence critique aiguë attire l'attention du chef d'orchestre Christoph von Dohnányi, qui lui confie des tâches d'administration aux Opéras de Francfort et de Hambourg, puis de Rolf Liebermann, qui en fait un de ses seconds à l'Opéra de Paris (1979). Dohnányi et Liebermann sont les deux principaux maîtres de cet administratif qui, pour ne rien ignorer des impératifs matériels liés à la gestion d'un théâtre, n'en est pas moins un homme d'idées et d'audace, en qui mûrit un projet artistique appelé à modifier en profondeur notre approche de l'opéra.

Il peut appliquer ce projet en 1981, lorsqu'il est nommé directeur du Théâtre royal de la Monnaie de Bruxelles, maison autrefois prestigieuse mais qui végétait depuis vingt ans : il en fait en peu d'années un grand opéra européen, un phare pour l'innovation et l'intelligence. Mû par une foi quasi religieuse dans les valeurs spirituelles de l'art, il estime que „le premier devoir d'un directeur d'opéra devrait être la réflexion sur la société dans laquelle il vit“.

Le style propre qu'il crée à Bruxelles en dix ans repose sur quelques options fondamentales dont il ne déviera plus. Postulat essentiel : l'opéra, c'est d'abord du théâtre. Foin de divertissement mondain, finie la dictature des grandes voix et des stars : il mise sur un travail d'équipe où chef d'orchestre, metteur en scène et chanteurs prennent le temps de répéter et œuvrent dans une osmose absolue des intentions. Cette politique se traduit [...]


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Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, docteur ès lettres, maître de conférences à l'université de Lille-III-Charles-de-Gaulle, critique musical

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Dans le chapitre « L'ère Mortier »  : […] En nommant un moderniste affiché à la tête du plus traditionnel des festivals, les Autrichiens s'enhardissent : le Belge Gérard Mortier , qui prend ses fonctions le 1 er  octobre 1991, s'est fait connaître en faisant du Théâtre royal de la Monnaie de Bruxelles, qui végétait depuis vingt ans, le plus créatif des opéras européens. Il commence par susciter l'ire des conservat […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/festivals/#i_27792

Pour citer l’article

Christian MERLIN, « MORTIER GÉRARD - (1943-2014) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/gerard-mortier/